Une botte Aigle : vous savez comment elle est faite ?

Chacun possède une ou plusieurs paires de bottes ; mais savez-vous comment elles sont faites ?

Visite du maître caoutchoutier Aigle dans la Vienne

Dans votre placard vous avez peut-être d’élégantes bottines Aigle Inès de La Fressange, à la campagne des bottes vert kaki et votre conjoint des cuissardes pour la pêche, au bord de la mer les nautiques à bandes blanches… Aigle toujours ! Mais connaissez-vous seulement l’histoire de cette maison leader dans son secteur et plus que centenaire ? Et le procédé de fabrication d’une botte ?

Plus de 160 ans qu’on aime sauter dans les flaques avec Aigle

En 1850 Hiram Hutchinson s’interroge sur les matières des chaussants des travailleurs, spécifiquement les agricoles : des sabots en bois et des chaussures en cuir peu confortables. En 1853 il rachète le procédé de vulcanisation du caoutchouc, part en France et crée la marque ‘à l’Aigle’ en hommage à l’aigle américain.

Quelques modèles de la collection printemps été 2019

Les premières chaussures en caoutchouc pour le sport et la voile sortent dans les années 20-30. En 1967, Aigle investit une ancienne base militaire américaine de 25 hectares proche de Châtellerault et cette usine demeure la seule depuis 160 ans à produire en France des bottes à la main via un savoir-faire quasi inchangé depuis ses origines.

Aujourd’hui même face à des noms tels que Hunter ou Le Chameau, Aigle est leader avec 800 000 bottes / an et 3 à 3 500 paires de bottes qui sortent par jour des ateliers de fabrication.

Le caoutchouc arrive en bloc brut

Sur un personnel local de quelques 400 personnes, 220 sont des maîtres caoutchoutiers propres à travailler, façonner la sève naturelle de l’hévéa, le ‘caa ou tchou’ ou arbre qui pleure en amérindien. Les 3 quarts de la production sont manuels pour plus de 50 modèles tournés sur 3 axes, la nature (chasse, pêche, agriculture, jardinage…), la mode et les collabs’ éphémères avec des designers-couturiers.

Affronter les orages via un procédé spécifique

Pas moins de 60 étapes de fabrication sont nécessaires pour monter une botte à partir d’une matière noble qui arrive dans la Vienne en bloc brut. Rien à voir avec les élastomères de synthèse comme le PVC….

Entre les cylindres le caoutchouc est pétri, aplati

De Thaïlande et du Vietnam le caoutchouc brut (2 kgs sont nécessaires pour une paire de bottes) est mélangé à d’autres composants tels qu’argile, colorants afin d’accroître la résistance et le confort de la matière première. Intervient le calandrage où d’imposants cylindres aplatissent la pâte caoutchouteuse pour en faire de fines couches aux diverses épaisseurs et tailles qui sont prêtes à être doublées.

Le calandrage aplatit le caoutchouc

Les divers éléments constitutifs de la botte sont préparés : semelle, bande de tour de pied, renforts de tige et d’avant, patte de serrage, soufflet pour donner de l’aisance au mollet, baguette et renfort arrière….

En caoutchouc fin, diverses pièces sont découpées

A la main, chaque ouvrière tire et étire le morceau prédécoupé et le positionne sur la botte elle-même enfilée sur une forme métallique.

Mise en forme sur métal d’une partie de la botte avant d’y adjoindre certaines pièces

La vulcanisation est le point culminant et chaud du process : dans d’énormes fours cylindriques, on place les bottes sur leurs formes. 1/ 2 heure pour que le four monte en puissance et 1 heure environ de cuisson pour homogénéiser les matières et les pièces entre elles qui obtiennent ainsi leur étanchéité, leur résistance et leur souplesse.

La vulcanisation se passe dans d’énormes fours pour ses bottes mises sur chevalets

Une à une, les bottes sont contrôlées par un œil expert et plongées dans l’eau l’étanchéité est vérifiée. La dernière étape consiste dans l’emballage dans les boîtes appropriées.

Il ne reste plus qu’à assurer la livraison dans plus de 70 pays sur la planète, sachant qu’Aigle réalise 66 % de ses ventes à l’international dont 53 % sur l’Asie.

Chaque botte est contrôlée une à une

Dans d’autres usines situées hors de l’hexagone, Aigle crée et fabrique des vêtements, des chaussures. Mais pour chanter sous la pluie comme Frank Sinatra, rien ne vaut une bonne paire de bottes Aigle !

Bientôt prêtes à être emballées

Visite gratuite des ateliers les mardis et jeudis le matin à 9 h sur inscription préalable et possibilité d’achat à prix réduit au magasin d’usine.

ZI Saint Ustre

86 220 Ingrandes sur Vienne

05 49 02 38 20

Certains visuels de V. Leroux

 

www.tourisme-vienne.com

 

 

 

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1 Comment
  • Arthur Huré
    Répondre 19 mai 2019 at 12:03

    un bel exemple de savoir faire français

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