Le seul thé français : Compagnie Coloniale

Attachée à l’excellence de ses produits, la plus ancienne marque de thés, Compagnie Coloniale, est basée à Dissay dans la Vienne. Entre une tasse de sencha et une autre d’oolong, visite de l’usine et entretien avec son propriétaire Vincent Balaÿ.

 

A 3/ 4 d’heure de Poitiers, le vrac de thés arrive d’Inde, du Sri Lanka, de Chine, d’Afrique du Sud, du Japon, du Laos….A cette usine d’assembler, d’aromatiser, de conditionner les précieuses feuilles. Mais cela a-t-il toujours été ainsi ?

Plus de 170 ans au service du thé

Employant 150 hommes et 300 femmes, la 1 ère usine Compagnie Coloniale était située dans le 16 ème arrondissement de Paris. Avant de profiter de ses relations avec les comptoirs chinois, elle tirait sa renommée de son chocolat de qualité. Face à la vogue et mode montantes de boire du thé, elle se concentre sur ce négoce ; elle cherche, sélectionne les meilleures variétés de thé que les ‘teaclippers’ transportent vers l’Europe.

Une vieille pub’ ( Félix Lorioux)

Si la marque possède un réel savoir-faire dans la création de recettes, des mélanges inédits qui lui sont propres, elle est surtout la référence sur le thé de Chine. Mais dans les années 1950, le thé de Chine ne suffit plus à satisfaire la consommation mondiale et Compagnie Coloniale se tourne vers d’autres pays, l’Inde, Ceylan.

La marque tire aussi sa renommée de son packaging, des boîtes rondes et à bayadères avec une ancre marine en guise de logo. Leur avantage est très appréciable : une fraîcheur et une qualité gustative préservées en un temps où les négociants avaient pour habitude de prélever du thé de grandes caisses éventant ainsi la marchandise.

Plus tard encore la société prouve sa créativité et ce souci permanent de saveurs garanties en posant un opercule hermétique sur la boîte. Le sachet mousseline est bientôt remplacé par le sachet berlingo qui permet à la feuille de développer pleinement ses arômes.

Les boîtes d’antan

Dans les années 1970 Compagnie Coloniale tombe dans le portefeuille de marques du géant Unilever et l’activité décline jusqu’au dépôt de bilan vers 2008.

Responsable scientifique dans un labo pharmaceutico-cosmétique, Vincent Balaÿ attaché à la région poitevine se lance dans le rachat et la reprise en main de l’activité. En toute humilité il dit aujourd’hui « gérer la transition pour les générations futures ». S’il pourrait très bien réclamer le label d’EPV (entreprise du patrimoine vivant), il ne s’y acharne pas, se considérant, même s’il est est un passionné de thés, comme « un maillon dans cette entreprise qu’il n’a pas créée lui-même ».

Un savoir-faire ancestral d’aromatisation

Néanmoins Compagnie Coloniale aurait tout à fait « droit » à ce label, puisque l’entreprise possède un procédé unique de fabrication depuis plus de 100 ans, l’aromatisation à la vapeur. Spécifique à la société, cette technique permet de figer les arômes sur les feuilles de thé en les plongeant quelques instants dans un bain de vapeur. Ce procédé dévoile les touches des arômes et du thé tant au nez qu’en bouche ; là où certaines marques aromatisent à outrance via des huiles essentielles les feuilles qui révèlent beaucoup de parfums au nez mais peu en bouche dès que le conditionnement est ouvert.

Unique, ce savoir-faire se transmet de génération en génération via le personnel chargé de l’aromatisation et fait la fierté de la maison qui propose plus de 180 recettes dont un earl grey incomparable.

L’aromatisation par bain de vapeur

Et aujourd’hui ?

Moins de 10 ans après le rachat en 2010, Vincent Balaÿ peut s’enorgueillir d’ouvrager 240 tonnes de thé par an faisant travailler 17 personnes sur le site et 11 commerciaux. Si Compagnie Coloniale arrive en 5 ème position derrière quelques noms souvent assez ‘marketés’, elle demeure la marque la plus ancienne marque française où l’assemblage, l’aromatisation et le conditionnement demeurent à 100 % faits en France.

90 % du chiffre d’affaires est réalisé sur l’hexagone et la distribution est assurée par des épiceries fines, des torréfacteurs.

Du rooïbos en sachet, la boite des 170 ans et une collab’ avec le chocolat des Français

La marque est la moins chère sur l’emballage en boîtes et le plus de Compagnie Coloniale est d’offrir la même qualité de feuilles dans son vrac que dans ses sachets, préoccupation qui n’existe pas toujours chez les autres marchands de thés.

Quand le thé arrive en vrac….

Et quel thé pour vous ?

En vrac pour mettre la quantité de thé que vous aimez ? Ou un des 12 000 sachets / jour qui sortent des chaînes du Poitou ?

Thé noir selon ses divers grades (flowery orange pekoe, souchong, orange pekoe, pekoe) ; thés verts du gunpowder au matcha ; thés rouges ou rooïbos d’Afrique du Sud ; thés blancs….. Compagnie Coloniale travaille avec différents jardins sans pour autant leur réclamer une exclusivité, ce qui serait trop élitiste. Le thé n’est –il pas après l’eau la boisson la plus consommée au monde (env. 25 000 tasses chaque seconde de par le monde) ?

Les sachets mousseline alimentaire

Compagnie Coloniale

717 rue de la gare

86 130 Dissay

05 49 62 82 10

www.compagnie-coloniale.com

https://compagnie-coloniale.com/fr/thes-noirs-aromatises/32-earl-grey-superieur.html

Certains visuels de M. Spera

 

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