Jumièges à Ciel Ouvert

Suite à quelques heures passées à l’Armada, direction Jumièges pour la 3 ème édition de l’art contemporain environnemental. ‘Jumièges à Ciel Ouvert’ propose différentes œuvres dans le domaine de l’abbaye jusqu’à la fin octobre 2019.

Quelques pièces dominent parmi les 7 exposées, dont «Belle-Dame de Jumièges » du japonais Shigeko Hirakawa ou un énorme pin transformé en papillon via de grandes ailes composées de branches et de tissu. Beaucoup d’élégance, de légèreté dans cette œuvre qui nous interpelle sur le papillon migrateur tout aussi menacé que les arbres remarquables. C’est aussi sans oublier l’allusion discrète à Agnès Sorel, ‘dame de beauté’ de Charles VII dont le cœur est inhumé (elle serait morte empoisonnée !) sous une dalle de marbre dans Notre Dame de Jumièges.

Belle-Dame de Jumièges, oeuvre du japonais Shigeko Hirakawa

« La magie des rêves » de Christian Lapie représente neuf figures spectrales de six mètres de haut, des totems qui chacun expriment une personnalité différente.

Au bout du parc, près d’un sous-bois, d’étranges morceaux de bois flottent au ciel et emplissent la nature de sons très doux et légers : c’est « un champ sonore du possible » de l’anglais Will Menter. Presque tous les sens sont ici en éveil avec cette expérience visuelle, auditive, tactile de ces lames de chêne suspendues dont surgissent des sons activés par la main de l’homme ou la nature elle-même quand le vent joue avec le bois. Mais attention il ne s’agit pas de mélodies composées, il s’agit de sons premiers, quasi naturels et le reflet de ce que la Nature peut nous transmettre. A l’homme donc de découvrir qu’il existe un horizon sonore infini de profondeur dans la plus grande des simplicités.

Le travail sonore de l’anglais Will Menter

Au delà des œuvres qui s’admirent en parcourant les quinze hectares de parc, la visite des ruines de l’abbaye s’imposent : églises St Pierre et Notre Dame, restes du cloître et du logis.

Une partie des ruines monumentales de Jumièges

Fondée en 654 par St Philibert, l’abbaye applique la règle de St Benoît et se développe rapidement avant d’être dévastée par les Vikings et abandonnée pendant 10 ans. Elle est à nouveau prospère au XI ème et inaugurée par Guillaume le Conquérant. Charles VII y loge en 1450 et y reçoit Agnès Sorel qui y meurt la même année.

La révolution chasse les derniers moines en 1790 et les bâtiments sont vendus : ils servent de carrière de pierres de 1796 à 1824 !! On doit à la famille Lepel-Cointet que les ruines soient entretenues via des rachats successifs avant que l’Etat n’intervienne en 1946 par un achat complet du lieu.

 

Abbaye de Jumièges

Saint Pierre de Varengeville

Jusqu’au 31 octobre 2019

02 35 37 24 02

www.seinemaritime.fr

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