Georges Blanc sous les étoiles

Le village de Vonnas dans l’Ain sous la gourmande et lumineuse emprise du chef triplement étoilé.

 

« Georges Blanc, c’est la mémoire gourmande de la Bresse » a pu écrire Nicolas de Rabaudy dans une de ses innombrables chroniques sur les talents des Grands Chefs Cuisiniers. Né en 1943, à Bourg-en-Bresse, Georges Blanc n’est pas arrivé par hasard dans les hautes sphères du bien-manger. Chez les Blanc, on pratique les prouesses de la cuisine depuis quatre générations. En 1933, la grand-mère de Georges, Elisa, avait été sacrée « meilleure cuisinière du monde » par Curnonsky qu’on appelait alors « le prince des gastronomes ». La tradition est restée reine à Vonnas, ce gros bourg de l’Ain, mais sans y être figée. Comme pour ses ascendants, l’inspiration a commencé avec la poularde de Bresse, volaille nourrie et élevée avec le plus grand soin. Le Guide Michelin 2015, qui accorde au restaurant gastronomique de Vonnas 3 étoiles rouges pour l’excellence de la table (elle vaut le voyage !), commente ainsi l’inspiration du grand chef : « les sauces aux goûts profonds, les cuisines savantes qui relèvent les saveurs ….. Le plaisir tout simplement ».

L’ambassadeur de la volaille de Bresse, c’est lui ! Le génie du commercial aussi. Sa famille lui a confié les rênes de l’entreprise familiale en 1968. Il n’avait que 25 ans ! Tout autant homme d’affaire visionnaire inspiré que chef talentueux, Georges Blanc a su se développer en trouvant les formules qui lui amèneraient les fines bouches du monde entier et les touristes curieux de son savoir-faire.

Georges Blanc immense cuisinier, ce n’est plus un secret. Mais intrépide bâtisseur, on le sait moins. Sauf si l’on a la curiosité de se rendre dans le saint des saints de l’entreprise à Vonnas. Sur le GPS, taper « Place du Marché ». Arrivez à la tombée du jour pour voir les lumières de la place publique s’allumer les unes après les autres. La mise en scène est renversante car année après année, Georges Blanc a patiemment acheté les maisons de la place et les a transformées en hôtels, restaurants et boutiques. Toutes les façades sont éclairées de la plus belle manière. Au point de croire qu’on arrive dans un décor de cinéma ! Jardins et plantations gomment la différence entre l’espace public et l’espace privé. La nuit venue, avant ou après dîner selon le mois de l’année, on a plaisir à flâner dans ce monde qui semble irréel fait d’alignements de cyprès, de bassins, de massifs fleuris, de pergolas, de kiosques et de sculptures. Du bel ouvrage pour le rêve !

 

Pour les plaisirs de la table, plusieurs suggestions. C’est même le grand écart entre La Vieille Auberge et ses menus à partir de 25 euros et le Restaurant Gastronomique aux menus à 170, 210 et 270 euros. Quelques exemples de plats, aussi réjouissants à lire qu’à déguster : Savarin de brochets de nos étangs dans un velours de queues d’écrevisses, Fraîcheur potagère de homard aux trois saveurs et le traditionnel poulet de Bresse servi en cocotte aux gousses d’ail et foie gras comme au G7. Côté soif, tout est prévu : plus de 100.000 bouteilles affinent leurs saveurs dans la cave.

www.georgesblanc.com

Texte et photos de Georges Lévêque

 

 

 

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