Solitaire du Figaro 2026

Le succès de la Solitaire du Figaro Paprec n’est jamais démenti.

Patricia M Colmant vous explique.

Peu de courses à la voile peuvent se targuer d’une telle longévité. Cela fait 56 ans que « La Solitaire » attire toujours autant de brillants navigateurs et de jeunes loups du large qui rêvent, après cette belle épreuve de 1690 milles ( 3130 km) à travers la Manche et le golfe de Gascogne, de s’aligner sur des épreuves plus longues.

Quand le vent tombe… Arrivée de l’étape 2 à Pornichet (Loire Atlantlique)

Boucler une Solitaire du Figaro Paprec est un joli challenge pour les 36 skippers qui ont pris le départ le 17 mai de Perros-Guirec, au cœur de la cote de granit rose. Sans doute la meilleur école pour les jeunes prétendants à une belle carrière de course au large. Depuis trois ans, La Solitaire s’est ouverte pour uniquement la deuxième étape, dans le cadre du challenge Paprec, à des duo afin de permettre aux jeunes navigateurs de se tester sur une épreuve de course au large très exigeante. Cette année, 7 binômes se sont inscrits.

Les marins ont déjà bouclé deux étapes, la première jusqu’au port espagnol de Vigo, au bout du cap Finistere via une longue remontée au sud du pays de Galles pour virer le phare de Wolfrock. C’est l’Irlandais Tom Dolan sur Kingspan, vainqueur en 2024, qui a franchi en tête la ligne d’arrivée, avec 40 mn d’avance sur son poursuivant. Une belle consécration pour sa 7è participation. Mais c’est un jeune bizuth, Paul Loiseau, 22 ans, qui s’adjuge la 2è étape depuis Vigo, après une très impressionnante remontée du golfe de Gascogne vers Pornichet. Talonné par des concurrents très aguerris comme Nicolas Lunven (2è sur PRB), le skipper de Région Bretagne CMB espoir avouait que même « dans mes rêves les plus fous, je n’aurais jamais imaginé faire cela ». Car en effet cette course attire toujours les plus grands qui comme l’actuel leader irlandais ont 7 participations au compteur voire 9 et plus. Ils sont 6 a l’avoir remporté à trois reprises et un concurrent, Jean-Paul Mouren s’est aligné 25 fois sans jamais être sorti du lot… tandis que Gildas Morvan a bouclé la Solitaire 22 fois pour 6 victoires d’étapes.

La Solitaire est une régate difficile, exigeante, car les nuits sont et le sommeil sont très courts

 

Désormais, dans les concurrents on compte plusieurs fils de ces accros à La Solitaire qui skippent les Figaro-Bénéteau 3, dotés de foils. Ces appendices font de ces machines de course de 9,75 m et 3,47 m de large, due au crayon de l’architecte Vincent Lauriot Prévost de vraies bombes sur la mer quand le vent est de la partie, car ces « grandes virgules » de carbone (les foils) qui sortent de chaque coté de la coque permettent au bateau de s’appuyer sur l’eau. Une action qui provoque un léger décollage du voilier et limite les effets de frottement qui ralentissent l’allure.  Même pour un voilier de 3,2 tonnes quand il est poussé par 120 m2 de toile, c’est efficace.

La flotte des 36 Figaro-Beneteau : étape 3 à Pornichet

Et le spectacle de cette flotte uniforme, car c’est une régate à armes égales, est toujours très coloré. Partis pour l’ultime étape de 630 milles ( 1170 km) de Pornichet ce dimanche 31 mai, la flotte doit virer une balise au large de l’estuaire de la Gironde avant de remonter vers le sud de la Cornouailles pour contourner le phare d’Eddystone. Des conditions météo plutôt soutenues et une mer formée attend les 34 rescapés qui vont piquer ensuite sur le port du Havre. L’arrivée des premiers est estimée mercredi 3 juin dans le port normand où les amateurs pourront aller à la rencontre des ces grands marins, hommes et femmes, car la voile est un sport mixte à 100%.

Patricia-M. Colmant

Des départs toujours très disputés

Visuels fournis par la course de la Solitaire Figaro

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