Mes quatre derniers livres lus
Voici les quatre derniers livres – romans que j’ai aimés.
Juste après Dieu il y a Papa d’Eric-Emmanuel Schmitt
On a tout dit, écrit sur Mozart ! Certes ! Mais les pages d’Eric-Emmanuel Schmitt ne sont en aucun cas une xième biographie sur le petit prodige musical.
L’essayiste, romancier, membre de l’Académie Goncourt, se livre à un autre exercice : décrire, dénouer les rapports filiaux ; appréhender les échanges et les émotions entre un père et son fils. Pas n’importe quel père ni n’importe quel fils bien sûr. Le père est un grand professeur de musique ; le fils un petit hors norme qui deviendra le génie Mozart. Le premier adore et idolâtre le jeune Wolfgang qui voue une passion sans limite à son père.
Schmitt explique comment Monsieur Mozart père forge le génie musical de son enfant, l’éduque à être chaque jour meilleur et à se surpasser par de nombreuses tournées dans toute l’Europe. Pourquoi cet acharnement épuisant sur cet enfant ? Car le père a compris le miracle qu’était Mozart et entend que toute l’humanité puisse profiter des œuvres prodigieuses du petit Wolfgang.
Bravo à ce texte si touchant et révélateur du talent de l’écrivain sur les rapports père-fils. C’est tout l’amour paternel qui se révèle, l’attachement exceptionnel d’un fils pour son père qui se dévoile : des liens extrêmement proches encore renforcés par la musique.
19, 90 € ; Albin Michel
L’envol de la mémoire de Myriam Spira
Encore un livre pourrit-on dire sur les camps nazis de la mort ! Certes oui, mais celui-ci t(rès dur à lire dans ses 70 premières pages qui crient l’atroce vérité de la vie des déportés juifs) associe histoire intime et toute personnelle d’une famille à un nécessaire besoin de mémoire.
En effet, l’auteure, Myriam Spira, est la fille de deux survivants de la Shoah. Au quotidien, les horreurs des camps de la mort de Mauthausen, Ravensbrück, Auschwitz scandent la vie de l’enfant, l’adolescente, la femme qu’elle fut et est maintenant.
Son ouvrage explique, décrit un constat peu évoqué au grand jour : la souffrance de la 2nde génération qui doit supporter le poids de cet héritage douloureux et chercher aussi à se construire. Le mal existentiel, transgénérationnel est sous-jacent et long est aussi le chemin pour devenir une femme ‘normale’ et se façonner une identité autre.
Ne pas oublier les atrocités que des humains ont fait subir à d’autres humains est indispensable. Néanmoins, Myriam Spira semble suggérer que la leçon n’a pas suffi et qu’un retour à la violence gratuite est omniprésent. Le constat de Thomas Hobbes comme quoi « l’homme est un loup pour l’homme » est hélas plus que jamais d’actualité avec les récentes atrocités des gardiens de la révolution commises sur la population iranienne, les combats en Ukraine.
20 €, Grasset
La saison des pluies de Paul Colize
C’est le 1 er roman-polar que je lis de cet auteur Paul Colize qui en a déjà publié plus d’une dizaine, parait-il. Et j’ai bien aimé son style qui donne envie de se plonger à nouveau dans les pages souvent sordides par l’histoire qu’elles racontent.
Dans un centre de soins palliatifs de Bruxelles Claire visite bénévolement les patients en fin de vie. Dans un lit Théo muré avec les médecins se dévoile seulement à la jeune femme. Et tout un passé terrifiant de Théo de son ex vie professionnel d’être décrit et d’émerger. En effet, militaire dans l’armée belge en plein cœur de la crise d’indépendance du Congo, Théo a vu et vécu des évènements terrifiants, provoquant lui aussi de très nombreux assassinats injustifiés.
L’intérêt du livre réside dans la justesse des rapports humains, dans les dialogues entre le malade et la bénévole. D’un côté la difficulté à être à l’écoute de l’autre sans laisser paraître ses sentiments, alors que l’ecoeurement du discours entendu vous inonde ; de l’autre le cynisme du malade qui prend plaisir à raconter des horreurs sans pour autant avoir le moindre regret.
Et si ce mourant cachait un secret bien plus grave dont il aimerait se libérer et qui bouleverserait la vie de la bénévole qui le visite ?
19, 50 € ; éditions Hervé Chopin
Auguste Renoir de Johann Protais et Eloi Rousseau
Ce livre est nullement un grand livre d’art 21 x 29, 7 comme ceux de la librairie Galignani ; à savoir de réelles oeuvres d’art. Mais j’ai réellement bien apprécié cet ouvrage très riche en tableaux du génie de l’Impressionnisme qu’était Renoir.
Richement documenté puisque les deux auteurs sont professeurs d’art et d’histoire, le livre nous entraîne à travers les toiles de Renoir vers sa bibliographie et surtout sa quête artistique du bonheur.
Certes Auguste Renoir a été, tel qu’il se définit un « ouvrier de la peinture’, un peintre qui a imprimé un moment dans la vie de tel ou tel personnage, un portraitiste et peintre de la figure humaine des enfants aux adultes, un spécialiste des lumières sur les paysages peints. Mais les propos du livre veulent montrer que Renoir, tout au long de sa carrière prolifique, n’a eu qu’un seule idée : peindre le bonheur.
En cette période un peu difficile que nous vivons, ce souci, ce besoin là est une réelle bouffée d’oxygène et de joie à feuilleter ces pages là.
14, 99 € ; Larousse








