Le Corot aux Etangs de Corot
« Le » restaurant de l’hôtel ‘Les Etangs de Corot’ pour une cuisine gastronomique et étoilée.
Autre décor, autre cadre que Les Paillotes à l’ambiance guinguette : donnant sur le jardin entre hôtel et paillotes, la salle du restaurant est classe, élégante avec des trophées accrochés aux murs. Au dessus de la cheminée trônent ainsi des bois de cerfs qui témoignent de l’activité chasse des environs. Faune des panneaux et flore environnante s’associent ainsi sous vos yeux et dans vos assiettes.
En effet, Rémi Chambard a propulsé vers le premium la table du Corot. Ce chef est passé par de belles maisons comme le Royal à Deauville, l’Hôtel du Palais à Biarritz avant de travailler avec Nicolas Masse aux Sources de Caudalie près de Bordeaux. Ici, Rémi Chambard a fait le choix approprié de travailler les herbes et plantes des étangs pour des assiettes bucoliques. Place à l’oxalis, à la benoîte urbaine, à la mélisse, à la pimprenelle, à la chénopode, à l’agastache. Entre la Ferme de Grignon, les jardins royaux de Versailles, l’élaboration de la cuisine de Chambard se fait du champ à l’assiette, de l’étang au plat. Les pommes de terre sont même fumées avec les bois voisins. Fumets, couleurs, présentations : l’ensemble est esthétique, inédit et bon.
En entrée, de grosses morilles (prochainement des girolles) sont posées sur une balantine de pintade et relevées par l’agastache (43 €) ; à moins de préférer (c’est plus de saison) les asperges vertes, polenta d’estragon, pissenlit et citron (36 €).
Plat principal : ventru et bien doré, un beau ris de veau parfaitement cuit, non gras, accompagné de chénopode bon-Henri aussi appelé épinard sauvage, de girolles (58 €) ou un des plats signature du chef : les aiguillettes (étrange appellation plus propre au canard, mais la découpe en a la même forme) de saint-pierre (48 €). Les filets sont délicatement cuits nature mais relevés par deux sauces, l’une à la chlorophylle de coriandre, l’autre aux supions, qui se mélange en un jus profondément vert comme les abîmes du proche étang. Avec ce plat-là, on sent que l’époque ‘Biarritz’ a marqué Rémi Chambard, puisqu’il était saucier dans ce palace de la côte basque.
Dessert : une tarte soufflée à la vanille avec une touche de tagette (une sorte d’œillets d’Inde qui ont pour certains un léger goût citronné) : un plat aérien et intensément vanille (18 €). Les addicts à la rhubarbe (en général les personnes qui ont été élevé à la rhubarbe d’un potager maternel !) se régaleront avec le blanc manger et ses fines tranches de rhubarbe au rose très girly.
Comme l’hôtel est dans le giron du groupe des Cathiard et de leurs filles, (Mathilde et son époux, Alice et Jérôme Tourbier) pour le Laboratoire Caudalie, Les Sources de Caudalie ainsi que Le Château Smith Haut Lafitte acheté par Daniel et Florence Cathiard en 1990 ; il va de soi que les vins de cette belle propriété sont présents dans le livre de cave qui offre de jolies opportunités sur le Bordelais. Place donc à un Smith Haut Lafitte blanc 2014 ou rouge 2012 à 65 €, lesquels peuvent accompagner tout votre repas.
A côté de la prestance et de la bonne exécution des plats, les petits ‘à-côtés’ signent et justifient l’étoile obtenue en 2014 : brioche au basilic, bouchées chocolat-cerise et madeleine citron en ‘post-dessert’. On sent bien que Rémi Chambard – pour lui même et ses équipes – aimeraient bien monter sur la marche suivante et on le lui souhaite. Mais attention à ce que les prix déjà élevés ne dérapent pas trop !
Les Etangs de Corot
55 rue de Versailles
92 140 Ville d’Avray
01 41 15 37 00
Menu en 4 plats à 95 €
Menu à 6 plats à 130 €
A la carte comptez 120 € env. pour 3 plats
Regardez le site pour certains packages week-end intéressants : www.etangs-corot.com
certains visuels de R. Valerio
En ouverture d’article, visuel d’une selle d’agneau rôtie, oseille et pulpe d’aubergines