La grande tendance du vélo évasion

Les Français et Belges en pincent de plus en plus pour le vélo. Venez pédaler avec le site !!

De plus en plus de Français, de Belges (depuis des lustres, eux !!) sont accros au vélo, le « Réseau vélo » estimant à plus de 20 millions sur l’hexagone le nombre de pratiquants, en hausse de 5% en 2025.

Vélo sportif, vélo en famille, vélo électrique, vélo en itinérance, vélo entre copains pour s’éclater dans les sous-bois ou participer à de grands rassemblements comme les Mad Jacques à vélo qui mêlent avec succès cyclisme et festival de musique et attirent plus de 600 participants dans les Ardennes ou en vallée de Chevreuse. Gros succès aussi des challenges sur moyenne ou longue distance tels les « Race across series» France, Portugal, Espagne, Belgique qui remplissent leur quota de participants de plus en plus vite. Et pourtant, les distances vont de 300, 400 voire 2500 km. Qu’à cela ne tienne, les inscriptions se bousculent.

Ainsi, cette passion bien française ne se matérialise pas seulement au mois de juillet, sur les bords de route du Tour de France pour applaudir les champions, elle s’étire sur les départementales sous forme de petits pelotons colorés, une grande partie de l’année et elle s’étend à toutes classes et tous les âges de la population.

Avocates ou patrons tous en selle

Le vélo Gravel ne rechigne pas quand il y a plein de boue

A l’origine, c’était un sport plutôt populaire et masculin. Désormais, grands patrons et jeunes avocates investissent le bois de Boulogne le dimanche matin. Cadres d’entreprise high-tech ou artisans s’inscrivent à des rassemblements le week-end, artistes ou infirmières avalent leur 80 km le dimanche matin. Le vélo rassemble, profitant de la multiplication d’infrastructures propices à sa pratique. Car la France a créé ces dernières années des centaines de kilomètres de pistes cyclables. Itinéraires le long de la Loire, du Rhône, trace le long des champs de lin de Seine-Maritime, traversée des Alpes de Thonon-les-bains à Nice ou Paris-Mont-Saint-Michel par les chemins de traverse, autant d’itinéraires balisés pour découvrir les beaux coins de France au rythme du coup de pédale.

Pour chantonner comme Montant « quand on partait de bon matin, quand on partait sur les chemins, à bicyclette… »

 

Les régions aussi s’investissent comme l’Auvergne-Rhone-Alpes où à quelques kilomètres de Thiers et d’Ambert (Puy de Dôme), de Roanne (Loire) et de Vichy (Allier), les autorités locales viennent d’inaugurer, à la mi-juin à Saint-Rémy-sur-Durolle, le plus grand espace VTT de France avec ses 4500 km de sentiers et 220 circuits balisés. Labellisée par la Fédération Française de Cyclisme, cette Destination Grand’R pour « Rouler, Respirer, Rayonner » est le fruit d’une volonté de clubs locaux, celui des Bois noirs qui organise un grand rassemblement les 27-28 juin ou le centre VTT Ambert.

L’explorateur Eric de Victoire Cycles

Parallèlement à ce retour en selle des Français, une économie du vélo s’est redéveloppée, et pas seulement au bénéfice des vélos électriques importés ou montés en France et du leader français de l’équipement sportif. Des passionnés ont créé leur petit atelier pour fabriquer des vélos sur-mesure, personnalisés, tenant compte de la morphologie et de la pratique de l’acheteur. D’autres, et notamment des jeunes femmes fabriquent des sacoches et accessoires comme la TPE Pop Pin’s dans les Vosges ou proposent d’assurer le déplacement des bagages pour les itinérances. « Le secteur est constitué de très petits acteurs » reconnaît Pierre Noïnski qui travaille chez Victoire, une PME du cycle qui fait du haut de gamme en acier. Créée en 2011 près de Clermont Ferrant par Julien Leyreloup, un jeune ingénieur qui était contrarié « à l’idée de pédaler sur un vélo venu de l’autre coté de la planète », Victoire et sa marque Distance, version standardisée donc plus abordable, font désormais partie des acteurs du monde des deux-roues de référence. « On vend jusqu’au Japon et aux Etats-Unis » se félicite Pierre Noïnsky. Chaque unité peut nécessiter 150 h de travail, est proposée autour de 10 000€ et les délais avoisinent les 12 mois.

La marque premiul Diamant et des modèles à 5 569 et 3 209 €

D’autres comme Dilecta, relancée par Éric Vanhaverbeke en souvenir de son père coureur professionnel qui roulait sous ces couleurs, se spécialise notamment sur le gravel, une pratique venue des États-Unis qui allie vélo de route et VTT. Et comme cette activité attire les puristes, portés sur l’innovation, la hight-tech et la performance, ces nouveaux acteurs peaufinent les cadres avec un souci de légèreté, de rigidité et d’esthétisme, pour répondre à un public exigeant, passionné et prêt à s’offrir de belles machines. Il y a les tenants de l’acier comme chez Victoire et les tenants du carbone pour sa légèreté et sa rigidité comme chez Cyfac. D’ailleurs tous les professionnels courent sur des vélos en carbone.

De Bruges à Amsterdam avec Allibert Trekking, spécialiste de voyage vélo

Le retour du vélo en bois

Mais depuis deux ans, les amoureux des belles mécaniques en pincent pour une innovation majeure :  un vélo en frêne, peuplier ou polonia, lin et carbone. Véritable ouvrage d’art en lamellé-collé, ces cadres, créés par Benjamin Boissier, ingénieur du nautisme et deux autres camarades de l’école d’ingénieurs de La Rochelle, révolutionnent le monde du cycle par leur conception tout aussi audacieuse que respectueuse de l’environnement. « Nous avons mis au point un processus unique au monde à la fois vertueux et mécaniquement sûr, qui assure légèreté, rigidité, confort à nos cadres composites en bois plein et autres fibres » explique Guillaume Bolzec, un des associés. Et de ponctuer : « nos cadres sont très esthétiques, incarnant l’élégance haute couture à la française ». Cette entreprise Gonnel qui en avait vendu 6 en 2024 dans une fourchette de prix entre 4000 € pour un kit cadre et 9000 € pour un vélo totalement équipé, espère atteindre la soixantaine d’exemplaires entre son modèle « route » et son modèle « gravel » cette année.

Les ingénieurs de Gonnel et leur vélo en bois ont le soutien du navigateur François Gabart

Reste que le marché est largement alimenté par des producteurs asiatiques, « à 99% » assure l’associé de Gonnel, alors qu’après-guerre, chaque ville moyenne comptait une trentaine de réparateurs ou cadreurs au point qu’on a dénombré jusqu’à 2200 marques en France, la plupart régionales. Et le réveil touche aussi certaines grandes marques comme Peugeot, Gitane ou Lapierre qui profitent de l’engouement du vélo électrique pour raviver leur gloire passée.

Modèles Starway Touring GT

Patricia-M. Colmant

Pour un voyagiste spécialiste rando vélo, Allibert Trekking : www.allibert-trekking.com

https://velotrain.fr/ et https://toploc.com sont deux sites qui facilitent le voyage par un trio train + vélo + hébergement nature

Certains visuels de N. Grez, C Mueller et de P. Blanchemaison

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