Guimet expose T’Ang Haywen

Le Musée National des Arts Asiatiques Guimet expose de nombreuses œuvres du chinois T’ang Haywen.

Pressentant peut-être l’ère communiste de Mao, T’ang Haywen arrive en France en 1948 pour des études de médecine et ne la quittera plus.

A l’image d’autres artistes chinois, il découvre la modernité de l’Occident, l’effervescence et la liberté de création. Formé à la calligraphie par son grand-père et intéressé par la philosophie taoïste, il réalise de nombreux croquis au stylo bille en s’inspirant de la ville, des paysages urbains.

10 ans plus tard, vivant librement, il affirme avoir trouvé sa vocation dans la peinture. Progressivement, s’affirme comme une figure majeure de la création contemporaine et de la modernité chinoise. Il expose de son vivant dans de nombreuses galeries d’art en France et à l’étranger, ainsi qu’au Centre Pompidou en 1989. C’est vers la fin des années 1990 qu’il obtient une reconnaissance à l’international.

T’ang Haywen / ADAGP, Paris, 2024 Formé à la peinture occidentale, ses carnets de dessin révèlent qu’il visite régulièrement les musées parisiens, dont le musée Guimet, et qu’il s’inspire de la ville dans des paysages urbains croqués rapidement au stylo à bille. Lettré moderne, insatiable curieux des arts et cultures de l’Occident, il trouve à Paris sa vocation de peintre. Formé à la calligraphie par son grand-père et intéressé par la philosophie taoïste, il y vit libre des contraintes matérielles ou sociales. Il écrit à son frère en 1958 : « J’ai trouvé ma vocation dans la peinture… je ne pensais pas que cela puisse plaire à nos parents… c’est une affaire très grave, où il ne peut être question, honnêtement, de chercher la réussite pour elle-même… La réussite doit, pour être véritable, être tout à fait sincère. Une fois qu’un peintre s’est trouvé, alors il peut travailler pour les autres, il le doit, mais il ne peut pas le faire avant… Je ne pourrai ni ne veux abandonner cette vocation. »

Portrait par Y Manshih 1991

Artiste discret, T’ang Haywen s’affirme pourtant progressivement comme une figure majeure de la création contemporaine et de la modernité chinoise. Il expose de son vivant dans de nombreuses galeries d’art en France et à l’étranger, ainsi qu’au Centre Pompidou en 1989. Il bénéficie à partir de la fin des années 1990 d’une reconnaissance internationale.

S’il était un grand voyageur, il fit de la France sa terre d’élection, et de l’art occidental une puissante source d’inspiration, tout en restant profondément chinois ; une dualité qui l’habita pendant toute sa vie d’artiste. Initié à la calligraphie par son grand-père au Vietnam, sa peinture s’impose comme un vibrant trait d’union entre la tradition asiatique de l’encre monochrome pure et l’influence occidentale de la couleur éclatante, entre figuration et abstraction, ou plutôt la « non-figuration » comme il préférait la décrire.

Encre sur carton Kyro, 1967 RMN Grand Palais T Ollivier

À travers une sélection d’une centaine d’œuvres majeures, l’exposition présente un panorama des grandes étapes de sa carrière, ainsi que l’essentiel des facettes du travail d’un artiste qui recherchait, selon ses propres mots, « une peinture idéale, unissant le monde visible et le monde de la pensée ». Ses premières années à Paris sont illustrées par quelques études à l’aquarelle et à la gouache, influencées par la peinture des grands maîtres tels que Paul Cézanne, Henri Matisse ou Paul Klee. Son style propre s’affirme dans ses paysages abstraits et calligraphiques des années 1960, entre couleurs vives et monochromes. La période à partir du début des années 1970 jusque vers 1983-84 est évoquée par des peintures à la gouache ou à l’encre, polychromes ou monochromes. Les années 1970 voient s’épanouir son format de prédilection, le diptyque. Des formats plus importants, présentés dans l’exposition, permettent à T’ang Haywen de donner à voir des paysages abstraits à l’encre monochrome, tandis que les petits formats, papiers pliés, diptyques et triptyques des années 1980-1985 montrent une pleine maîtrise de son geste et de son pinceau. Ces œuvres expriment le dynamisme et la tension taoïste entre le plein et le vide, le noir et le blanc, le monde visible et le monde de la pensée.

Pour moi au-delà de l’éclectisme du peintre, certaines œuvres sont superbes et d’autres moins intéressantes. Le travail dans sa globalité est donc inégal de qualité.

6 mars – 17 juin 2024

Musée national des arts asiatiques – Guimet

Visuels fournis par les services de l’exposition et Guimet

 

 

En ouverture d’article visuel : gouache + encre sur papier Kyro 1969, RMN Grand Palais, T Ollivier

 

 

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