Exposition à Bruxelles : Simplicities au Musée Mode & Dentelle
L’exposition Simplicities met en lumière 250 années d’histoire de la mode et en parallèle les moments et les époques où celle-ci recherchait une certaine épure et simplicité.
Tout proche de l’iconique hôtel bruxellois, l’Amigo, le bâtiment historique en briques rouges qui abrite le Musée Mode & Dentelle propose une intéressante thématique sur la simplicité en matière vestimentaire.
En tout simple pantalon et chemise (depuis la Covid 19, nos tenues strictes de travail ont bien évolué !!), j’y suis allée pour vous. Sur 3 étages, un parallèle est fait selon les époques, les matières, les couturiers sur une réelle simplicité dans la mode qui ne veut pas pour autant dire vêtement simpliste : au contraire une simple robe très ajustée au corps implique créativité, esthétisme et recherche dans le dessin de cette robe.
L’exposition s’ouvre sur l’avant révolution de 1789 et la reine Marie Antoinette qui provoque un scandale en voulant se faire portraiturer par la peintre Vigée-Lebrun en simple robe ‘en gaule’ ou chemise à la reine. Quête de sobriété de la part de cette reine dépensière appelée l’Autrichienne ? Non certes, mais un besoin de plus de confort et un retour au naturel qui bannit paniers et baleines. L’historien français Claude Carloman de Rulhière note dans son ouvrage ‘Le Petit Tableau de Paris’ : « Jamais les femmes ne se sont mises avec autant de simplicité ». Mais face à l’esclandre, la reine doit se rhabiller et la peintre se remettre à l’ouvrage !! Cette ‘chemise à la reine’ est reprise au début des années 1990 par Martin Margiela dans ses collections.
Déjà au milieu du 18 ème siècle, les propos de Rousseau, son essai sur Le Bon Sauvage poussent l’aristocratie européenne à construire des hameaux, à se transformer en bergers et bergères. Et de retrouver ces paysans de pacotilles dans l’idéologie hippie des années 1970 et les robes propres à Laura Ashley.
Sous l’Empire, les découvertes d’Herculanum et de Pompéi poussent à un certain dépouillement vestimentaire teinté d’influence antique. Etroites à la poitrine, les robes sont taille haute en tissu fluide. Cette simplicité refait surface avec Mariano Fortuny et sa robe Delphos vers 1930, puis avec les coupes très géométriques de Mesdames Vionnet et Grès ; avant même le plissé du japonais Issey Miyake.

Robe Delphos de Mariano Fortuny en taffetas de soie plissé et verre de Murano, années 1930 : elle s’inspire du chitôn porté par l’Aurige de Delphes et a été adoptée par la danseuse Isadora Duncan dans ses prestations
Début 20 ème siècle, la mode masculine et la redingote, la première guerre mondiale influent sur la mode féminine et quelques ébauches de jupe et veste d’être présentes dans les garde-robes des femmes. Si Paul Poiret libère la femme du corset, il faudra attendre 1954 et Gabrielle Chanel pour la venue du tailleur.
Exit les contraintes d’antan, la porte s’ouvre à des créateurs tels qu’Yves St Laurent qui libère totalement la femme avec son pantalon, la rend androgyne avec son smocking et ses tenues safari.
En 1997, Nicolas Ghesquière nommé à la tête de Balenciaga propose des tenues fidèles à l’austérité sculpturale du couturier espagnol. Surfant sur ce minimalisme ambiant, les créateurs belges tels que Véronique Branquinho, Ann Demeulemeester créent aussi du dépouillement quasi-monacal.
Assurément cette exposition prouve que réellement la mode est un éternel recommencement.
Musée Mode & Dentelle
Rue de la Violette 12
1 000 Bruxelles
+ 32 2 213 44 50
Fermé le lundi
Du 12 / 06 au 10 / 01 / 2027







