Expo : Etretat par delà les falaises

A Lyon, l’exposition Etretat par delà les falaises met en avant de superbes toiles de Monet et Courbet.

Au Musée des Beaux Arts de Lyon, on plonge sur la Côte d’Albâtre et en particulier sur les falaises du village d’Étretat. Celui-ci se situe dans une étroite vallée creusée dans la falaise, qui débouche sur une plage de galets. Sous l’effet de l’érosion, la roche a pris en ces lieux des formes spectaculaires, créant trois arches qui s’ouvrent successivement dans la mer et une aiguille. Ce paysage exceptionnel s’est imposé dans l’imaginaire collectif grâce aux artistes .

Gustave Courbet
La Vague, vers 1870

Etretat, un village des impressionnistes et romantiques à compter du 19 ème siècle

Les peintres et les écrivains ont en effet joué un rôle majeur dans la découverte, puis la notoriété d’Étretat. Le lieu s’est développé, au fil du 19e siècle, comme un véritable « village d’artistes », à l’égal de Barbizon, en forêt de Fontainebleau, ou de Pont-Aven, en Bretagne

Prenant appui sur la présence, dans les collections du musée des Beaux-Arts de Lyon, de deux tableaux majeurs réalisés à Étretat par Gustave Courbet et Claude Monet, cette exposition est la première à retracer ce processus. Alors que le site d’Étretat est aujourd’hui en péril, fragilisé par le surtourisme et l’érosion des falaises accélérée par les effets du changement climatique, elle invite, à travers cent-cinquante œuvres et documents, à interroger notre regard sur le paysage et sur le processus de création d’un mythe.

Claude Monet
Etretat, mer agitée, 1883

Étretat est longtemps demeuré inconnu des artistes ; car ce modeste village de pêcheurs était difficile d’accès, faute de route carrossable aménagée. Il faut attendre le 19 ème siècle pour que les côtes normandes attirent les peintres.

A Étretat, Ii faut cependant attendre les années 1820 pour que, peu à peu, les premiers artistes, dont Eugène Isabey, s’y installent.

Il est assez vite suivi par de nombreux autres artistes, français ou étrangers, comme l’Allemand Johann Wilhelm Schirmer. Eugène Delacroix vient en voisin lors d’un séjour chez des cousins. Plus tard, Camille Corot est invité par l’un de ses collectionneurs. Tous, classiques comme romantiques, travaillent côte à côte, inaugurant la transformation progressive d’Étretat en un véritable atelier de peinture en plein air, selon une pratique alors devenue commune.

La pêche, principale activité d’Étretat., devient un des thèmes principaux de leur peinture. Le village est alors constitué de chaumières et ses habitants connaissent des conditions de vie et de travail difficiles. L’absence d’un port oblige à échouer les bateaux sur la plage, au retour de leurs sorties en mer, à l’aide de cabestans, par de délicates manœuvres. Ces treuils deviennent des éléments incontour- nables des représentations d’Étretat, tout comme les caloges, des bateaux hors d’usage recouverts d’un toit de chaume pour stocker le matériel de pêche.

Eugène Le Poittevin
Les Bains de mer, plage d’Etretat, 1864

Eugène Le Poittevin est le premier artiste à faire construire une villa pour s’implanter durablement sur place. Il côtoie les pêcheurs, dont il saisit la vie quotidienne dans des scènes de genre. Il est aussi le témoin des débuts du tourisme, avec l’apparition des bains de mer. Cette pratique nouvelle est impulsée par le développement de prescriptions médicales qui recommandent le bain « à la lame »* dont les vertus thérapeutiques seraient nombreuses. La proximité de Paris fait de la côte normande une destination privilégiée et un établissement de bains ouvre à Étretat dès 1840. C’est à partir des années 1850 que se développe le phénomène de la villégiature, avec la construction de résidences secondaires et l ’aménagement d’hôtels.

Courbet : la falaise et la vague

Le succès des « paysages de mer » que Gustave Courbet peint en Normandie dès 1865 conduit l’artiste à séjourner plusieurs semaines à Étretat à la fin de l’été 1869. La vogue croissante du site auprès du public et des amateurs d’art lui assure de pouvoir vendre facilement sa production, à une période où il connaît des difficultés financières.

Johann Wilhelm Schirmer
Etude de mer à Etretat, 1836

Il s’installe dans l’ancien atelier d’Eugène Le Poittevin, situé face à la plage, tout près de la falaise d’Aval, d’où il bénéficie d’un point de vue privilégié. Cette phase créative va être particulièrement productive. Il travaille tout d’abord à une vue de grand format de la Porte d’Aval.

Les 11 et 12 septembre 1869, un ouragan  frappe les côtes de la Manche. L’écrivain Guy de Maupassant, venu contempler ses effets sur la plage d’Étretat, livre dans un article publié quelques années plus tard le récit de sa rencontre avec Courbet, travaillant face au motif depuis la fenêtre de son atelier : « De temps en temps il allait appuyer son visage à la vitre et regardait la tempête.» C’est ainsi qu’est née La Vague, dont Courbet exécutera de nombreuses variations jusqu’à la fin de sa vie. Le succès obtenu par ce tableau ainsi que par La Falaise d’Étretat, après l’orage, son pendant, au Salon parisien de 1870, est l’un des plus grands de la carrière de l’artiste.

Eugène Boudin
Lavandières sur la plage à Etretat, 1894

Jusqu’au 1 / 03 / 2026

20 Place des Terreaux

69 001 Lyon

en ouverture La Manneporte de Monet en 1883

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