En Provence, Terraroma ou l’amande reine

A Valensole, dans les Alpes de Haute Provence, l’entreprise familiale Terraroma traite en majesté le fruit roi de la région, l’amande.

Entretien sans langue de bois avec Jean-Pierre Jaubert.

Au début du siècle dernier, tout autour de Valensole, les fleurs blanches des amandiers couvraient tout le plateau. La culture a duré jusque dans les années 50 et la lavande étalait ses alignements bleu-gris ou mauve.

Les femmes se rendaient aux cassoirs pour séparer la coque de l’amande ; mais l’activité était assurément fort peu rentable. Progressivement, les champs se sont couverts de lignes de blé dur et surtout de lavandin aux teintes parme qui attiraient les touristes.

Champs d’amandiers autrefois

Dès 1974 l’exploitation agricole Jaubert produit blé, lavande, lavandin et colza. Aujourd’hui c’est encore et toujours en famille qu’on exploite les 350 hectares de terres.

En mémoire de leurs aïeux, Jean-Pierre décide de reprendre la culture traditionnelle d’amandes de Provence et plantent 5 000 amandiers.

5 ans plus tard, le verger compte le double d’arbres ; en 2010 15 000 et en 2017 20 000. Autant dire que grâce à Jaubert le paysage retrouve ses couleurs d’antan et sa vocation première.

La véritable amande de Provence

Amandes en attente dans le hangar

Impressionnant de voir l’énorme cassoir séparer la coque du fruit. Dans un bruit assourdissant, la machine sépare « le bon grain de l’ivraie ». Mais pour garantir un produit d’excellence à ses clients, Terraroma met un point d’honneur à ce que ses amandes soient encore triées à la main : les amandes roulent sur des tapis et d’habiles mains trient et retirent les petits morceaux de coques qui se sont glissés parmi les amandons.

Le cassoir actuel : une machine gigantesque

Ultérieurement interviennent le conditionnement et la commercialisation ; la maison vendant encore un peu de vrac pour les personnes qui veulent acheter le produit brut.

Le cassoir sépare la coque du fruit

Un amour affirmé de son terroir

Il faut avoir un moral d’acier, une réelle passion pour l’amande et un attachement viscéral et ancestral pour sa région, son terroir pour poursuivre cette activité de production et d’exploitation de l’amande. Et Jean-Pierre Jaubert d’expliquer son travail contre vents et marées, son combat contre les politiques aux antipodes du concret et du réel, son inouïe difficulté à trouver du personnel plus aucun jeune ne voulant travailler au cassoir, au tri. A cela s’ajoute surtout le prix (à la vente du kg émondé) par rapport à celui proposé par l’Espagne où le coût du travail, les charges sont nettement moins chères. Comment lutter si on n’a pas l’amour de son pays, du produit et la fierté provençale ancrée au fond de son cœur ?

Machine à ramasser les amandes en Espagne

La région peut s’enorgueillir de compter sur son sol Terraroma Jaubert qui est le premier producteur indépendant d’Amandes de Provence. Il a réintroduit sur un sol déserté une culture ancestrale emblématique et redonne ses lettres de noblesse à une culture noble de l’amandier. Dans sa façon de cultiver la lavande l’approche est tout aussi exigeante et qualitative, puisque, comme dans le passé, les fleurs sont laissées après la coupe pendant 48 heures sur le sol. Ce préfanage est une étape cruciale de séchage qui diminue le taux d’humidité de la plante et augmente la qualité et la conservation de l’huile essentielle extraite après distillation.

Amandes, lavande et lavandin : le « combat » de la famille Jaubert est le même : culture raisonnée et exploitation dans les règles de l’art et de la tradition pour des fruits sains et des plantes qualitatives avec la ferme volonté de promouvoir le terroir et la spécificité régionale. Face à une concurrence féroce, on ne peut que dire bravo !

Dans une boutique Terraroma

Terraroma

Les Grandes Marges

04 210 Valensole

04 92 73 77 70

Avenue des thermes

04 800 Gréoux-les-Bains

04 92 78 03 94

 

www.durance-luberon-verdon.com

 

Amandier en fleurs

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et un autre article sur la région

Visite des Thermes de Gréoux-les-Bains

 

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