Interview / Expo Mima, L’acier comme territoire de liberté
Christine de Buhan, alias Mima,
L’acier comme territoire de liberté
Architecte de métier, Christine de Buhan a longtemps construit pour les autres avant de créer pour elle-même. Avec ses sculptures en acier, elle ouvre aujourd’hui un espace plus instinctif, plus direct, presque méditatif. Sous le nom de Mima, elle façonne des œuvres monumentales où la lumière traverse la matière et où le vide devient aussi important que le plein.
Entre micro-architectures et poésie métallique, son travail dialogue autant avec l’espace qu’avec nos émotions.
Une démarche qui trouve aujourd’hui un écrin naturel d’exception au Château Latour-Martillac, où ses sculptures rencontrent vignes, pierre et lumière pour une expérience artistique à ciel ouvert.
Pour mieux comprendre ce passage de l’architecture à la sculpture, nous lui avons posé quelques questions sur son parcours, ses inspirations et sa vision de la création.
INTERVIEW – MIMA
Comment la sculpture est-elle entrée dans votre vie ?
L’architecture est passionnante, mais très encadrée : gestion, normes, délais longs… La création pure y est finalement minoritaire. La sculpture est devenue pour moi un espace de liberté immédiate, sans contraintes techniques ou administratives. Un champ d’expérimentation plus instinctif, plus court dans le temps, devenu vital.
Quelles sont vos influences artistiques ?
Des sculpteurs comme Consagra, Venet ou les artistes basques – Chillida, Oteiza et Arregui – m’ont profondément marquée. Leur façon de travailler la masse, le vide, la tension dans l’espace m’a donné envie de franchir le pas. Comme en architecture, mes pièces ressemblent parfois à de petites constructions : je parle d’ailleurs de « micro-architectures métalliques ».
Pourquoi l’acier ?
C’est un matériau que je connais bien comme architecte. Il porte une force, une densité, mais aussi une grande poésie. Brut, patiné ou laqué, il capte la lumière, change d’aspect selon le lieu, la météo et la course du soleil. Il vit.
Comment naît une sculpture ?
Je me suis fixé quelques règles : travailler l’acier, éviter la soudure, créer des œuvres monumentales mais démontables, adaptables à différents espaces. Ensuite, je laisse faire le geste. Je pars sans idée précise. La forme émerge d’elle-même, mon travail s’apparente à l’écriture automatique.
Quel est votre rapport à la matière ?
La matière seule ne suffit pas. Ce qui m’intéresse, c’est le dialogue entre matière, espace et lumière. Les vides, les ombres, les transparences créent l’émotion. La sculpture commence vraiment quand l’air et la lumière circule à l’intérieur.
Y a-t-il des thèmes dans votre travail ?
Non. Je refuse le thème pour préserver la spontanéité. Les titres viennent après coup, quand la forme évoque quelque chose. Je cherche une création libre, vraiment spontanée et instinctive.
Une œuvre charnière ?
« Cache-Cache ». C’est elle qui a révélé mon langage formel. Comme un point de bascule : j’ai senti que j’avais trouvé ma voie.
Pourquoi décliner vos œuvres en plusieurs tailles alors que vous les aviez conçues pour être monumentales ?
L’échelle transforme totalement la perception. Une même pièce peut être intime ou monumentale selon le lieu. J’aime provoquer ce décalage sensoriel entre l’œuvre et son environnement. Par ailleurs, cela me permet de proposer mes créations avec un plus large public d’amateurs.
Votre quête artistique ?
La liberté absolue. Créer sans fonction, sans commande, sans attente. Un voyage intérieur, simple, sans limite … infiniment ouvert.
… Et parce que ses sculptures sont pensées pour dialoguer avec les paysages, elles trouvent aujourd’hui un écrin naturel d’exception au cœur d’un grand domaine viticole bordelais.
EXPOSITION MIMA au Château Latour-Martillac
Depuis le 20 novembre vous pouvez découvrir la collection de sculptures, Micrometallica by Mima dans le parc, les jardins et les chais du Château Latour-Martillac, Grand Cru Classé de Graves (8 chemin de la Tour, 33650 Martillac).
Les sculptures dialoguent avec les vignes, la pierre et la lumière, créant une promenade artistique à ciel ouvert où métal, nature et patrimoine se répondent.
Une visite d’exception à ne pas manquer où se conjuguent l’art du vin et les œuvres d’art dans un esprit de convivialité perpétué de génération en génération par la famille Kressmann, propriétaire.
Les visiteurs peuvent déambuler dans le parc, sublimé par la présence des sculptures de Mima qui ponctuent le paysage de vignes en toile de fond.
L équipe du château vous accueille tous les jours de 10h à 17h (sauf dimanche) pour les visites des chais et les dégustations.
L’ exposition-vente des sculptures est prévue tous les jours de 10h à 17h (sauf dimanche) jusqu’ au 16 avril 2026 avec possibilité de visites guidées sur demande.
Instagram: @mimadebuhan @chateaulatourmartillac
Dates : jusqu’au 16 avril 2026
Horaires : lundi au samedi, 10h–17h
Accès libre et gratuit
L’artiste : Mima de Buhan – 0687715851 – mimadebuhan@gmail.com
Cette exposition de grands formats est aussi relayée à Bordeaux par une exposition-vente dans l’emblématique Maison de Famille Rainbow, 30 allée de Tourny.
BIOGRAPHIE

Architecte depuis 1995, Christine de Buhan fonde son agence DE BUHAN avant d’ouvrir en 2023 un nouveau chapitre dédié à la sculpture.
En 2024, elle réalise la collection Micrometallica (36 pièces).
Elle est membre de la Fondation Taylor depuis 2025 et expose en France et à l’international (Paris, Cologne, Miami, Venise…).
Expositions marquantes :
• Solo au Château d’Urtubie (34 sculptures)
• Art Shopping – Carrousel du Louvre
• Spectrum Miami
• Exposition permanente à Bordeaux













