Chaque année, la magie du Tour opère
Depuis des décennies et des décennies, le Tour de France sillonne l’hexagone et la magie opère.
Tous les mois de juillet, on s’émerveille de l’énergie que déploient les 175 coureurs du Tour de France pour avaler en moyenne chaque jour les 180 km de l’étape auquel s’ajoute le franchissement de plusieurs cols. Mais cette année, compte tenu de la météo et ses températures records, on s’interroge sur la capacité de ses cyclistes à maintenir un tel rythme dans cette chaleur étouffante. Certes, les vélos, en dessous de 7 kg, sont comme les athlètes de plus en plus performants et légers. Néanmoins, les voir attaquer à plus de 30 km/h des montées comme celle du Tour Malet à 9% sur 17 km et qui culmine à 2 115 m c’est vraiment stupéfiant…
Cette 113è édition, partie le 4 juillet de Barcelone, est arrivée dans une France frappée de plein fouet par de terribles incendies qui ont ravagé les Pyrénées orientales. Sur le plan sportif, le quadruple vainqueur de la grande boucle, Tadej Pogacar a frappé un grand coup dans la 6 è étape entre Pau-Gavarnie-Gèdre en s’offrant une superbe échappée dans l’assaut du Tour Malet, laissant son rival Danois Jonas Vingegaard à 2’42’’. Les amateurs craignent que le suspense de l’épreuve perde de son intérêt. Pourtant, la difficulté du parcours, les incertitudes de la route, l’effort que supporte les organismes, le jeu stratégique entre les 22 équipes engagées, les risques que prennent les coureurs dans les descentes où ils titillent les 100km/h sont autant d’incertitudes qui laissent présager bien des inconnues. D’autant qu’au regard des difficultés qui attendent les coureurs dans les Alpes, les Pyrénées n’étaient qu’une mise en jambe disent les experts.
Avant de traverser le Massif central, le peloton a fait un crochet par Bordeaux, le Périgord et le Cantal avec une arrivée spectaculaire au Lioran qui culmine à 1850 m. Autre nouveauté, une étape à Vichy dont le parc des sources vient d’être rénové et où la Maison Albert Londres propose une exposition autour du Tour 1924 qu’avait suivi le grand journaliste.
Cette année, le circuit prend l’Est de l’Hexagone « à l’envers » puisqu’après avoir célébré le 14 juillet à Mulhouse, et avalé la plus longue étape de cette édition entre Dole et Belfort, 205 km, les coureurs descendent pour attaquer le Jura puis les Alpes et sa fameuse ascension de l’Alpe d’Huez depuis Gap. Certes, ce sera l’étape la plus courte (128 km) mais pas la plus facile…
Au-delà de l’aspect sportif impressionnant, car les concurrents font 3 320 km en trois semaines, pour un dénivelé positif de près 50 000 m, ce qu’il y a de magique dans cette épreuve, c’est qu’elle est une vitrine des beautés de la France. Les téléspectateurs en profitent en direct, avec commentaires historiques à la clé, tandis que les supporters le long du tracé, peuvent vivre l’évènement au plus près. Au bord des routes, caravanes, tables de pique-nique, banderoles, déguisements créent une atmosphère joyeuse et bon enfant, en soutien des coureurs qui se frayent un passage à travers ces haies de fans enthousiastes. De même, aux villes étapes, la proximité avec le public est un des charmes de cette rencontre annuelle du cyclisme de très haut niveau avec le pays jusque sur les Champs-Elysées, le 26 juillet, où la France aura peut-être la joie de fêter le bon résultat d’un nouveau héros prometteur, le Lyonnais Paul Seixas, plus jeune engagé sur le Tour à 19 ans.
Patricia-M. Colmant
Visuels fournis par le Tour de France




