Allard

Les Lyonnais, Benoît pour la cuisine bistrotière, Rech pour les poissons : Alain Ducasse n’en finit pas de reprendre les adresses fanées et d’essayer de réveiller les belles endormies. Est il nostalgique des vieilles belles maisons d’antan ? Qui sait ? Toujours est-il que le chef aux innombrables étoiles vient de s’atteler à l’institution Allard.

 

Une chose est certaine : Cendrillon est toujours bel et bien endormie et le classicisme dans des murs toujours aussi défraichis est omniprésent. L’esprit de Marthe Allard, mère cuisinière paysanne bourguignonne des années 30, est toujours là avec son lot d’éléments de décoration (comptoir en zinc, carrelages anciens, petites salles intimistes…) et son type de cuisine (bistrotière avec des fondamentaux comme l’épaule d’agneau, le canard aux olives, le coq au vin.

 

 

Pour Ducasse, l’esprit terroir et bistrot se cultive et il souhaite en perpétuer la tradition. Les spécialités qui ont fait la renommée d’antan du lieu sont toujours présentes à la carte : cuisses de grenouille, escargots dans leur coquille, pâté en croûte, joues de bœuf, île flottante, crème caramel et savarin au rhum. Du grand classicisme donc, les fondements de la cuisine française à mi chemin entre le bourgeois et le paysan, sans pour autant oublier le rythme des saisons.

 

 

Alors et dans votre assiette ? A la carte plutôt qu’un traditionnel foie gras, des haricots verts à la parisienne ou une frisée lardons croûtons (ma voisine m’a expliqué que la salade était peu croquante, les croûtons bien trop épais et gras !) ; j’ai choisi l’œuf cocotte. Demandez le bien cuit pour mieux savourer les champignons oignons du fond de la verrine (14 €).

La salle aussi est restée dans son jus....

La salle aussi est restée dans son jus….

 

Pour 2 personnes optez pour la volaille de Bresse seulement rôtie (36 €) : elle est parfaitement saisie, grillée sur la peau comme il se doit et servie avec de bonnes pommes grenailles et de fins haricots verts qui sentent bon le potager (8 €). Mon voisin se régalait de sa joue de bœuf aux carottes : fondante et charnue à souhait (24 €).

 

Pour le dessert, laissez tomber la tarte du jour décevante (trop peu de fruits, trop de pâte) et préférez le savarin (ce dessert n’a pas l’aérien d’un baba) généreux en rhum et en crème Chantilly légèrement fouettée (12 €).

 

 

Pour les vins, le choix du second vin des belles propriétés avec un Pomerol, Le Manoir de Gay 2009, le Pauillac Echo de Lynch Bages 2009 ; mais du verre au vin comme à la bouteille l’ensemble est trop cher (8 vins servis au verre sur 9 propositions affichent plus de 11 €).

 

Globalement l’addition reste bien trop élevée ; mais Allard s’en importe peu : la clientèle que l’établissement cherche est à priori celle des Américains aux poches bien remplies ou que le concierge a aiguillé sur un vieux bistrot vraiment « old fashion » et « typical frenchie ».

 

 

1 rue de l’éperon

 

75006 Paris

 

Tél : 01 43 26 48 23

 

Ouvert tous les jours

 

Menu à déjeuner à 34 € pour 3 plats

 

Parking St Michel

 

 

Copyright photos : Pierre Monetta

 

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