En Belgique, le pavillon chinois de Laeken : il méritait réellement une restauration !

Abandonné le pavillon chinois de Laeken est en très mauvais état. De louables restaurations vont enfin être mises en œuvre. Histoire, travaux à faire, photos de ce superbe bâtiment.

Historique

C’est sous les fastes du roi Léopold II à la fin du XIX ème siècle que sont construits les principaux grands bâtiments de Bruxelles. La Belgique a un grand potentiel financier, le roi Léopold II est passionné par l’Asie, il visite l’Exposition Universelle de Paris en 1900 et admire le ‘Tourd du Monde’ qui y est exposé. C’est décidé : il mandate l’architecte français Alexandre Marcel de lui construire un site architectural similaire à proximité de son château à Laeken.

Du pavillon chinois, une vue sur la tour japonaise

Le projet approuvé en 1901, les travaux de construction du pavillon chinois, d’un petit kiosque de la tour japonaise et de sculptures annexes débutent en 1903 et perdurent jusqu’en 1908.

Plus longs et couteux que prévu, les travaux ne sont totalement achevés qu’en 1910 et le roi décédé l’année précédente ne verra jamais son projet totalement abouti.

Le bâtiment est ouvert au public en 1913 ; la guerre entraîne la fermeture du lieu. L’idée comme quoi le pavillon chinois doit être un lien commercial entre la Belgique et l’Asie et être aussi destiné à être un restaurant de luxe ne voit pas le jour.

Et l’histoire du lieu est plus que chaotique durant tout le XX ème siècle.

Le pavillon chinois donne sur un beau parc

En décembre 2019, le pavillon chinois et la tour japonaise sont classés par la Région de Bruxelles-Capitale. Le jardin du pavillon chinois classé comme site depuis juin 1997 est entretenu par les services de Bruxelles-Environnement.

Il faut attendre 1921 pour que le bâtiment soit promu musée d’Art et d’Histoire avec une gestion plus sérieuse.

En décembre 2024 est validée par le conseil des ministres la création d’une asbl : « Le Palais chinois et des pays des routes de la soie » ; pour les travaux, la gestion et l’exploitation du lieu.

Contrairement aux idées répandues, le pavillon chinois n’est donc pas une structure démontée de l’Exposition Universelle : il a été spécialement conçu pour agrémenter la propriété de Laeken.

Construction et intérieurs

On notera que quasiment aucun élément du pavillon chinois n’a été élaboré par des artisans belges, hormis quelques matériaux locaux.

Une grande partie des éléments décoratifs, dont des boiseries sculptées des façades extérieures, fut réalisée à Shangaï.

Boiserie intérieure avec porcelaine

La beauté, l’inédit du pavillon chinois réside dans son éclectisme. Son architecture mêle une composition européenne à des motifs évoquant l’architecture chinoise : façades ornées, boiseries richement sculptées et décors intérieurs, ornements décoratifs nommés chinoiseries, singeries, mosaïques de Delft, peintures et papiers peints Empire, ect…

Dans toute la décoration intérieure des pièces, il y a donc une interprétation européenne de formes et des ornements asiatiques, des décors tels que ceux que l’imaginaire, le rêve les conçoivent. Et il ne s’agit pas d’un bâtiment chinois traditionnel transplanté tel quel.

Des singeries et chinoiseries décorent même l’escalier principal

L’abandon du bâtiment depuis 2013 pour causes de sécurité lui coûte cher et si les travaux de restauration étaient estimés vers 2016 à quelques 800 000 euros ; les prévisions de restauration s’élevaient en 2024 à 6 millions d’euros. On peut aujourd’hui penser que les factures finales tourneront plus autour de la dizaine de millions d’euros !!!!

Un des plafonds

Néanmoins la restauration du pavillon chinois vaut réellement le coût ; car le lieu a un charme fou et que contraste entre son apparence « chinoise » et sa conception européenne en fait un témoin intéressant du goût du début du XX ème siècle pour l’Orient.

Pavillon chinois

avenue Van Praet

1020 Bruxelles

www.visit.brussels

 

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