KATTE : un moment de théâtre intense du début à la fin !

La pièce KATTE, de Jean-Marie Besset, présentée au Théâtre de l’Épée de Bois dans une mise en scène de Frédérique Lazarini, offre un moment de théâtre d’une rare intensité. La représentation à laquelle j’ai assisté a confirmé la force de ce texte et la qualité remarquable de son interprétation.

Écrite en alexandrins, la pièce impressionne par sa langue élégante et sa puissance dramatique. Elle fait revivre un épisode historique bouleversant du royaume de Prusse en 1730. Au palais de Potsdam, le roi soldat Frédéric-Guillaume découvre une complicité jugée impensable entre son fils, le prince héritier Frédéric, et l’officier Hans Hermann von Katte, lieutenant des gens d’armes de la garde royale. La colère du souverain est terrible : dans cette crise intime entre un père et son fils, c’est l’équilibre politique de l’Europe entière qui semble vaciller.

La distribution est menée par le formidable Philippe Girard, dont la présence scénique donne au spectacle une autorité et une profondeur remarquables. À ses côtés, deux jeunes acteurs issus du cinéma font leurs débuts au théâtre avec un courage et une réussite impressionnants : Tom Mercier (Synonymes, Le Règne animal, La Bête dans la jungle) et Nemo Schiffman (Elle s’en va, Le Roi Soleil, La Petite Dernière). Dans les rôles des deux amants, Hans von Katte et Frédéric de Prusse, ils livrent une performance d’une sensibilité et d’une intensité exceptionnelles. Leur maîtrise des alexandrins et leur engagement émotionnel donnent au texte une modernité et une vibration très touchantes.

La mise en scène de Frédérique Lazarini est d’une grande élégance : précise, sobre et parfaitement au service du texte. Elle met en valeur la tension dramatique et la beauté de la langue, tout en laissant aux comédiens l’espace nécessaire pour déployer toute la richesse de leurs personnages.

On comprend alors la justesse de cette remarque de Michael Frayn :
« Prouesse extraordinaire, Katte paraît ressusciter l’autorité et la dignité, l’intensité et l’élégance de Racine. »

Le spectacle impressionne par sa puissance émotionnelle, son intelligence et la qualité de son interprétation. C’est un théâtre exigeant mais profondément vivant, qui rappelle combien la scène peut être un lieu de beauté, de pensée et de passion.

Après cette série de représentations, la pièce sera reprise cet été lors de la 80eᵉ édition du festival d’Avignon du 4 juillet au 25 juillet 2026, avant de revenir à Paris pour une nouvelle série de représentations. Une excellente nouvelle pour celles et ceux qui n’auraient pas encore découvert ce spectacle remarquable.

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