Oman, terre de l’encens
C’est en Oman que se trouve le plus bel encens au monde. Rapide reportage sur l’encens, roi dans ce pays.
Précieux avant toute chose, l’encens est un présent si majestueux qu’il est un des trois cadeaux offerts à l’enfant Jésus par les rois mages lors de sa naissance aux côtés de l’or et de la myrrhe. Aujourd’hui encore, la religion chrétienne en brûle autour du corps des défunts lors de leur messe d’enterrement et chaque semaine à la cathédrale St Jacques de Compostelle s’élève et se balance un gigantesque encensoir.
Appelé aussi oliban, l’encens est une gomme résineuse au fort pouvoir aromatique. Issu d’un arbre qui ne pousse que dans la péninsule arabique ; il a fait la fortune d’Oman depuis la nuit des temps.
C’est en Oman et surtout dans le Dhofar, non loin de la seconde ville du sultanat, Salalah, que poussent les précieux arbustes qui fournissent par saignée cet or blanc. Au cœur de roches très escarpées poussent des buissons chétifs, des Boswelia Sacra, qui survivent via une très grande chaleur de longs mois durant et grâce à ses racines plongées dans l’eau émergante des roches plusieurs semaines durant ; des phénomènes météorologiques que seuls connaissent Oman, un peu le Yémen et la Somalie. D’où le fait que le Dhofar soit devenu la patrie par excellence de l’encens.
Déjà connu par les Egyptiens, l’encens a traversé les pays et a enrichi le sien car ses vertus odoriférantes et purificatrices ont fasciné les hommes et les religions en vue de glorifier leurs dieux. Du christianisme au bouddhisme en passant les cultes mayas, aztèques ; l’encens brûlait pour honorer un quelconque dieu.
Seuls les arbres mâles, d’un certain âge (au moins 10 ans) et d’une certaine taille (env 3 m de haut à maturité) produisent la précieuse résine. Par endroits l’écorce de l’arbuste s’effiloche, on incise alors cette écorce, on râcle l’endroit et on récolte dans un bol une sécrétion mi gomme mi résine blanchâtre. Durcies au soleil et à l’air, les concrétions se solidifient et deviennent 3 semaines plus tard des boules de couleur allant du blanc au brun soutenu. Recueillie à l’automne, la meilleure résine suite à des incisions estivales est nommée encens blanc ; alors que la récolte issue d’incisions hivernales et durcies au printemps est appelée encens roux.
Les larmes d’encens ont entraîné un commerce, une route de l’encens à travers le Dhofar et Oman ; rendant le pays fastueux avant même la découverte en ses déserts arides du nord de la manne pétrolifère.
Il faut espérer que le sultanat d’Oman entreprenne une réelle protection de ses arbres à encens car près de 10 % de ce patrimoine végétal disparait chaque année à cause de feux, d’insectes et des chèvres et dromadaires friands des jeunes branches. Situation d’autant plus dramatique que la demande au niveau mondiale est en croissance, tant pour les pratiques ésotériques, religieuses, médicales (efficacité pour des maladies telles que l’asthme, la maladie de Crohn, la polyarthrite rhumatoïde) et olfactives (ingrédient utilisé en parfumerie fine par les plus grands nez pour leurs créations).










