Bruxelles : la Brafa 2026

Après une édition anniversaire historique, la BRAFA entre dans sa 71e édition.

Rendez-vous à Bruxelles du 25 janvier au 1 er février 2026 et focus majeur sur les galeries belges et certaines œuvres qu’elles présentent.

Devenue une institution solidement ancrée et résolument tournée vers l’avenir., la Brafa s’impose, forte de son héritage et de ses sept décennies d’histoire, comme l’un des rendez-vous majeurs du paysage artistique européen.

Sous la présidence de Klaas Muller, la foire est une vitrine internationale majeure pour les collectionneurs, conservateurs, curateurs, designers, décorateurs et passionnés d’art.

A la Boon Gallery

Quelques 147 galeries participantes (contre 130 en 2025) issues de 19 pays dont 42 françaises,24 nouveaux exposants et 7 exposants qui reviennent dont les marchands français Perrin, Alexis Bordes, Franck Anelli : assurément la Brafa célèbre la diversité, la qualité et l’éclectisme. Parmi les nouveaux exposants citons les galeries françaises Almine Rech, Pron et MaisonJaune Studio, les belges Greta Meert, Haesaerts-le-Grelle, Virginie Devillez, l’américaine Martos Gallery, les hollandais Van Pruissen Asian Art, et Mass Modern Design, la galerie anglaise de haute antiquité Vagabond Antiques et la galerie portugaise Bessa Pereira.

Les tendances de la BRAFA 2026

À travers la sélection des galeries, la Brafa illustre les grandes tendances actuelles du marché de l’art.

Les Maîtres Anciens au cœur de la BRAFA : entre tradition et renouveau

Les maîtres anciens confirment, année après année, leur rôle central dans l’identité artistique de la BRAFA. Véritables piliers de la foire, les galeries historiques perpétuent un savoir-faire d’expertise et de transmission. À leurs côtés, de nouveaux marchands rejoignent l’événement, apportant un souffle inédit et contribuant à élargir le champ de l’offre, de la peinture flamande à la scène italienne, en passant par les écoles hollandaises.

De Jonckheere (CH), Hartford Fine Art – Lampronti Gallery (MC) et COLNAGHI (UK, BE, ES), marchands de tout premier plan sur la scène internationale, confirment une fois encore leur présence. Pour la Belgique, Jan Muller Antiques (BE), héritier d’une dynastie de marchands et collectionneurs, poursuit son travail minutieux de diffusion des chefs-d’œuvre flamands des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles.

A la galerie Lampronti

Autre figure emblématique, la Galerie Lowet de Wotrenge (BE), installée à Anvers et spécialisée dans les tableaux de maîtres flamands et hollandais, mais aussi dans les œuvres sur papier et les sculptures de 1500 à 1800.

Parmi les nouveaux exposants, Arte-Fact Fine Art (BE), dirigée par Claudia Walendy, se distingue par une approche exigeante : depuis sa fondation, la galerie a traité plus de 500 œuvres de Maîtres Anciens, datant du XVIe au XVIIIe siècle, dont plusieurs ont rejoint des collections muséales de renom.

Mobilier et Arts Décoratifs : un éclat renouvelé
Le mobilier sous toutes ses formes sera à l’honneur cette année – design vintage ou contemporain, Art nouveau, Art déco, pièces des XIXe et XXe siècles, luminaires et objets d’art: de quoi ravir les amateurs les plus exigeants.

Spécialiste des arts décoratifs de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, la bruxelloise Galerie Haesaerts-le Grelle (BE) participe pour la première fois à la Brafa avec un stand entièrement consacré à Gustave Serrurier-Bovy (Liège, 1858-1910), créateur et architecte pionnier du design moderniste et précurseur de l’Art nouveau en Belgique. Les visiteurs pourront y admirer un banc bibliothèque en chêne, présenté à la deuxième édition de la Libre Esthétique en 1895 (dont un exemplaire est aujourd’hui conservé au musée d’Orsay), ainsi qu’une armoire « Silex », provenant du mobilier d’origine de la Villa de l’Aube, résidence personnelle du créateur et véritable manifeste de son style.

A la galerie Haesaerts-le Grelle

Depuis 1998, Hoffmans Antiques (SE) perpétue une spécialisation dans les antiquités et objets d’art de qualité, avec un accent particulier sur les lustres, bronzes dorés et meubles du XVIIIe siècle jusqu’aux années 1840, toujours dans l’esthétique Scandinave à la fois sobre mais élégante et avec détails exquis.

Le design du Brésil, enfin, occupe une place remarquée. Laurent Schaubroeck (BE) se concentre sur les lignes épurées et les bois exotiques du modernisme brésilien. À découvrir : un rarissime lit de repos conçu par Jorge Zalszupin (Varsovie 1922-2020 Sao Paulo) datant de 1963, produit en seulement deux exemplaires, dont celui exposé à la BRAFA fut créé comme cadeau personnel pour sa sœur Ina.

Objets iconiques et pièces conversationnelles

La BRAFA mettra aussi en lumière des objets à forte identité visuelle, dont la puissance esthétique ou symbolique en fait de véritables « pièces conversationnelles ». Sculpturales, monumentales, ou emblématiques d’un savoir-faire d’exception, elles traduisent l’éclectisme et l’audace assumée de la foire.

La  galerie bruxelloise Objects with Narratives (BE) consacrera une exposition solo à Ben Storms, un artiste belge dont le travail combine techniques traditionnelles et processus high-tech pour créer des pièces sculpturales semblant défier la gravité. Ses coussins en marbre sont devenus la pièce de référence de son travail: ce qui semble être un coussin moelleux s’avère être une pierre massive et dure.

Le stand de Guy Pieters Gallery (BE) présente une œuvre immédiatement reconnaissable : La Terre Bleue d’Yves Klein (Nice 1928-1962 Paris) datant de 1957, une mappemonde imprégnée du célèbre pigment outremer de l’artiste, devenu son emblème dans le monde entier.

A la galerie Hoffmans Antiques

De son côté, la Gallery de Potter d’Indoye (BE) intrigue avec une pendule française en bronze doré d’époque Consulat, représentant la chute de Phaéton : un sujet mythologique peu fréquent, connu à seulement trois exemplaires dans les collections publiques, dont celles du palais des Tuileries (1809), du ministère des Affaires étrangères, et du palais de Saint-Cloud (1818), transféré ensuite à l’Élysée.

Toujours dans une approche dialoguant avec l’histoire, la galerie Axel Vervoordt (BE) dévoile une saisissante figure de Ptah-Sokar-Osiris, datée de la période ptolémaïque égyptienne (vers 332–30 av. J.-C.). Réalisée en bois peint et plâtre (gesso), cette sculpture religieuse symbolise la régénération et la vie après la mort. Forte de sa provenance établie (depuis la collection Jean Martin-Roch en France avant 1936), elle incarne cette capacité qu’ont certaines œuvres à traverser les siècles tout en conservant leur pouvoir de fascination intact.

A la galerie Colnaghi

Le vetting, pilier de la foire

Avant de partir à la découverte de certaines des œuvres phares de cette 71e édition, il convient de rappeler l’un des piliers de la foire : le vetting. Chaque année, près de 90 experts internationaux se réunissent pour examiner les œuvres exposées, garantissant ainsi aux visiteurs et collectionneurs un environnement d’achat d’une grande rigueur.
« Le vetting » ou comité d’expertise, constitue à ce titre l’un des piliers fondamentaux de notre identité et ne se limite pas à une vérification ; il est un véritable label de confiance, basé sur la compétence, l’indépendance et la collégialité. Chaque année, nous renforçons encore cette exigence en introduisant des outils de contrôle en amont pour certains exposants (pré-vetting), en sensibilisant à l’importance des réglementations internationales (telles que les certificats CITES ou les législations sur la provenance), et en veillant à une application cohérente des standards de qualité dans toutes les disciplines représentées » explique Arnaud Jaspar Costermans, vice-président de la BRAFA pour les antiquités & maîtres anciens.

Voyage autour du monde en 3 chefs d’œuvre de galeries belges

Parmi les 5 chefs d’œuvre de la Brafa 2026, trois proviennent d’exposants belges.

A la galerie Schaubroeck

Amérique du sud : LAURENT SCHAUBROECK

Conçu pour la première fois en 1958 et produit par Oca, le banc Mucki compte parmi les créations les plus emblématiques et polyvalentes de Sergio Rodrigues. Sa structure basse et rectangulaire, composée de lattes horizontales et de boutons en bois disposés avec rythme, incarne l’équilibre raffiné entre simplicité et sophistication qui caractérise l’œuvre du designer brésilien.

Cet exemplaire exceptionnel, d’une longueur de trois mètres et d’une profondeur inhabituelle de 80 cm, fut réalisé sur mesure dans les années 1960. Cette proportion inconventionnelle illustre la capacité du design de Rodrigues à s’adapter à des commandes spécifiques.

Façonné en palissandre massif, le banc met en valeur les nuances riches et les veines expressives du bois, soulignant sa dimension sculpturale. Pièce originale et remarquable, elle est restée dans un excellent état, témoignage de la modernité intemporelle de la vision de Rodrigues.

Asie : BOON GALLERY

Kim Tschang-Yeul est l’une des figures majeures de l’art coréen contemporain, reconnu internationalement pour son œuvre profondément méditative et empreinte de symbolisme. Né à Maengsan en Corée, il s’installe à Paris dans les années 1970, où il développe son motif récurant : la goutte d’eau.

Cette image, à la fois simple et infiniment complexe, devient le centre presque obsessionnel de toute sa recherche picturale. En peignant avec une précision quasi photographique ces gouttes suspendues, Kim Tschang-Yeul explore les notions de mémoire, de purification et de transcendance. Chaque goutte semble contenir un monde intérieur, reflet du dialogue entre la nature, l’esprit et la matière.

L’œuvre Water Drops (1982) illustre parfaitement cette démarche : la toile, baignée d’une lumière silencieuse invite à la contemplation. À travers la répétition du motif, l’artiste atteint une dimension spirituelle, mêlant rigueur technique occidentale et sensibilité orientale.

Son travail, présent dans de nombreuses collections publiques et privées à travers le monde, demeure une méditation universelle sur la fragilité et la beauté du réel.

A la galerie Jan Muller

Europe : JAN MULLER ANTIQUES

Ce triptyque représente le Christ en croix, entouré de la Vierge Marie et de Saint Jean l’Évangéliste, les deux empreints de douleur. Au pied de la croix, Saint Jérôme et Saint Dominique, ce dernier tenant un chapelet, sont agenouillés en prière.

À l’arrière-plan, le paysage déploie plusieurs scènes de la Passion du Christ, culminant avec la Crucifixion.

Cette version reprend la composition conservée à la Scottish National Gallery d’Édimbourg, qui constituait à l’origine une moitié d’un diptyque. Le deuxième panneau, représentant Le Couronnement de la Vierge, est aujourd’hui conservé au Museum Boijmans Van Beuningen de Rotterdam.

Cette iconographie singulière est étroitement liée à la dévotion dominicaine du Rosaire. Autour de la Crucifixion centrale, de petites scènes narratives illustrent d’autres moments clés de la Passion du Christ.

A la galerie de Vos

BRAFA 2026 : Palais 4. Brussels Expo : Place de Belgique 1 à 1020 Bruxelles

 

 

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