Voir la vie en rosé

Rosé de Bordeaux_CIVB- C Anglada

Le XXème siècle ignorait les vins rosés et une vingtaine d’années à peine ont suffi pour vinifier en rose l’hexagone.

La France est devenue le premier producteur mondial avec 6, 5 millions d’hectolitres devançant l’Italie, les USA et l’Espagne. Premier producteur certes, mais premier consommateur aussi avec 12 litres de rosé par habitant… autant dire que la vague rose tel un tsunami a tout submergé sur son passage.

Un ras de marée rose

Partout il explose en consommation, s’impose manu militari et alors qu’autrefois on parlait « du rosé » ou « de rosé » de manière générique, aujourd’hui on évoque ce vin de façon pluriel et bien plus haut de gamme : les rosés de gastronomie, les rosés de soif et de copains, les rosés d’AOC, les rosés de terroir, de vinification.

Le Mas Amiel à Maury au nez de fraise et d'herbes de la garrigue

Le Mas Amiel à Maury au nez de fraise et d’herbes de la garrigue

Certes le « Grand Sud » d’est en ouest demeure le domaine de prédilection du rosé et la Provence le pays leader en matière d’offre en AOP rosés. Mais de nos jours, toutes les régions se sont senties concernées par la déferlante rose et ont adopté « un teint pâle ». Les pays de Loire, l’Anjou, la Touraine, la Champagne le produisent  et même le Bordelais ou l’Alsace qui le considèrent comme un petit frère-accolyte d’un cru classé. Il n’y a peut-être qu’en Bourgogne qu’on ne trouve pas de rosé.

Un vin facile ?

En aucun cas, le rosé n’est un vin facile même s’il fait l’adhésion de tous les publics. La raison : il s’accommode de tout ou de presque tout : apéritif, grillades estivales, poissons et crustacés, plats salés-sucrés. L’été lui sied à merveille et son prix, la plupart du temps inférieur aux rouges et aux blancs, est un argument qui fait pencher en sa faveur. Néanmoins n’est pas un bon rosé n’importe quel rosé. Le rosé est un vin sur le fruit, la fraîcheur, sur le plaisir. Un bon rosé doit être vif sans amertume, fleuri sans être trop lourdement aromatisé. Il doit respirer et développer des notes de fruits rouges (fraise, groseilles, cerises, framboises), sans pour autant aller sur le bonbon anglais ou la fraise tagada. Au final c’est un vin festif, de plaisir, qui laisse la bouche suffisamment rafraîchie pour qu’elle aspire à en redemander.

Le cru classé Château de l'Aumérade en appellation Côtes de Provence

Le cru classé Château de l’Aumérade en appellation Côtes de Provence

Couleurs et bouteilles : des atouts supplémentaires

Les bouteilles de rosé se permettent tous les écarts et jouent aux coquettes : carrées, rondes, ventrues, fuselées, ceinturées à la taille, raffinées au col. C’est à celle qui remportera le concours du design verrier ! Sous la robe, le contenu dont les teintes suivent les influences du marketing : on a connu le rose sang, flashy-girly avec toutes les nuances du framboise ; on est passé par les roses tirant sur le gris, des roses allant sur le jaune blond tabac. Aujourd’hui les six noms donnés aux couleurs les plus représentées en Provence sont : groseille, pêche, pomelo, melon, mangue et mandarine. 2014 ou 2015 seront d’autres années qui verront peut-être d’autres couleurs de l’arc en ciel émerger. En fait, la couleur du rosé est déterminée par le temps de contact entre la peau et la pulpe des raisins durant la vinification. De plus le choix des cépages, la nature des sols influent sur la couleur finale car la peau des différents cépages contient plus ou moins de matière colorante.

Même l'Alsace s'est mise au rosé, ici avec les vins Wolfberger

Même l’Alsace s’est mise au rosé, ici avec les vins Wolfberger

La Provence : N° 1 incontesté !

Certains disent « il n’est de rosé qu’en Provence » et les chiffres leur donnent raison puisque la région provençale consacre 88 % de sa récolte au rosé et fournit quelques 40 % de la production nationale. Sur près de 200 kms, le vignoble provençal se compose de trois appellations principales : l’appellation Côtes de Provence, l’appellation Coteaux d’Aix en Provence, l’appellation Coteaux Varois en Provence.

Design recherché pour la Lampe de Méduse du Château Sainte Roseline

Design recherché pour la Lampe de Méduse du Château Sainte Roseline

Notre sélection à servir entre 8 et 12°

Rosé Belle Saison 2012 Wolfberger (Alsace), 6, 60 €, boutique.wolfberger.com

Château Minuty Cuvée M de Minuty 2012 (Côtes de Provence), 9, 90 €, 04 94 56 12 09

Château de l’Aumérade Cru Classé Cuvée Marie Christine 2012 (Côtes de Provence), 8, 90 €, chez les cavistes dont Nicolas.

Domaine de La Croix Blanche Rose Blanche 2012 (AOC Côtes du Rhône), 5, 40 €, chez les cavistes.

Domaine Saint André de Figuière Première de Figuière 2012 (AOP Côtes de Provence), 12, 30 €, vente en ligne et cavistes.

Château Sainte Roseline Lampe de Méduse 2012 (Côtes de Provence), 12, 95 €, www.sainte-roseline.com

Domaine Cazes Le Canon de Maréchal rosé 2012 (IGP Côtes Catalanes), 7 €, chez les cavistes et dans les magasins bio comme BioCoop et Botanic.

Robe rose écarlate, travail de vinification biologique et bio-dynamique pour le Canon du Maréchal du Domaine Cazes

Robe rose écarlate, travail de vinification biologique et bio-dynamique pour le Canon du Maréchal du Domaine Cazes

Château de Pressac La Rosée du Château de Pressac Bordeaux Clairet (Saint Emilion), 05 57 40 18 02

Mas Amiel Le Plaisir 2012 (Côtes du Roussillon), 9 €, www.masamiel.fr

-->
Show Buttons
Hide Buttons