Un chef-d’œuvre d’ébénisterie de retour au château de Versailles

La société des Amis de Versailles a acquis une commode exceptionnelle, qui retrouve ainsi son emplacement d’origine dans les appartements de Mesdames.

Comme à l’époque des rois, le château de Versailles est un lieu bien vivant qui n’en a jamais fini d’être aménagé ! Voilà qu’il accueille depuis septembre dernier un nouveau meuble, enfin pas tout à fait : cette commode de Jean-Henri Riesener (1734-1806), l’ébéniste en vogue de l’époque, avait été livrée à la Cour le 18 décembre 1776. Elle était destinée à Madame Adélaïde, fille de Louis XV et tante de Louis XVI. Après la Révolution, le meuble sera vendu et partira pour l’Angleterre, avant de revenir en France en 1925.

Commode pour Madame Adélaïde par Riesener © château de Versailles / Christophe Fouin

La société des Amis de Versailles, association de bienfaiteurs créée en 1907, s’est mobilisée pour acquérir cette pièce unique d’un montant de 3,5 millions d’euros. Elle a ainsi réalisé son plus important mécénat depuis sa fondation. La commode retrouve sa place initiale dans le cabinet de retraite de Madame Adélaïde, pièce qui fait partie des appartements de Mesdames. Situés au rez-de-chaussée du corps central du Château, ces appartements étaient les plus beaux après ceux du roi. Les six filles de Louis XV s’y installèrent à partir de 1752, mais seulement deux d’entre elles, Adélaïde et Victoire, qui ne se marièrent pas et vécurent longtemps, y habitèrent jusqu’à la Révolution.

Chambre de Madame Adélaïde © château de Versailles, C. Milet

Différent du Grand cabinet, pièce d’apparat soumise à l’étiquette, le cabinet de retraite de Madame Adélaïde était une pièce privée, décorée selon le goût personnel de la princesse. Très ouvragée, la commode de Riesener se caractérise par le raffinement de sa marqueterie de couleurs ainsi que par l’élégance de son architecture, soulignée par des bronzes de très grande qualité. Le meuble est doté d’un panneau central à décor de vases de fleurs.

À la boutique de la Cour de marbre, nouvellement inaugurée, située en rez-de-jardin et dédiée à la création et aux savoir-faire, pas d’ouvrage spécifique sur les Appartements de Mesdames, mais une sélection de livres, parmi lesquels :
Marie Antoinette, l’insoumise de Henry-Jean Servat et Mathieu Banq, éditions Larousse. Un opus riche et passionnant grâce à plus de 300 illustrations, documents inédits et fac-similés.
Vivre à la cour de Versailles en 100 questions de Mathieu da Vinha, éditions Tallandier. En 100 questions/réponses, qui couvrent à la fois le cadre de vie, l’architecture, les jardins mais aussi la vie des souverains et de leurs courtisans à travers le logement et son confort, l’hygiène ou encore les divertissements, ce livre englobe le Versailles de l’Ancien Régime.
Dans la garde-robe de Marie-Antoinette, de Mathieu da Vinha, éditions RMN. Au cours de recherches dans les archives, l’auteur découvre un document inédit et unique : la description de la garde-robe de Marie-Antoinette en 1771. Robe chamarrée de gaze d’argent et pompons, jupon de taffetas couleur de rose… Cet inventaire de plusieurs centaines de vêtements disparus donne l’occasion de suivre la dauphine dès son arrivée en France, alors qu’elle découvre sa maison, l’étiquette qui régit la cour, et surtout la place qui sera la sienne.

S.D.
Photo d’ouverture : Commode pour Madame Adélaïde par Riesener © château de Versailles / Christophe Fouin

Château de Versailles
78000 Versailles

1 Comment
  • Fabienne L
    Répondre 12 décembre 2018at16:36

    Beau meuble…

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