Le dernier livre de Marion Deichmann

Je voudrais que son nom apparaisse partout; tel est le titre de l’ouvrage de Marion Deichmann.

 

« Je voudrais que son nom apparaisse partout » de Marion Deichmann est un livre sans artifice qui raconte avec simplicité l’errance d’une petite fille dans l’Europe de la guerre et la perte irrémédiable de la mère. Allemande, Marion est née en 1933, quelques mois avant l’accession de Hitler au pouvoir. Elle est juive, mais pas plus que ça. Pour elle, être juif, c’est appartenir à une religion et dans sa famille, on n’est pas vraiment religieux. Ce sont des « juifs de trois jours », célébrant Kippour , selon son expression. Mais avec la Nuit de Cristal et les lois anti-juives, sa judaïté la rattrape. Première errance au Luxembourg. De l’aisance originelle, il ne reste plus rien. Sa famille connait la pauvreté. Le père séparé de la mère part au Brésil, seul. Personne n’a voulu le suivre. Le Luxembourg est envahi, Alice, sa mère, sa grand-mère et elle-même prennent la route pour Paris, la rue des Rosiers et le quartier juif. Paris est envahi, Vichy promulgue à son tour, ses lois anti-juives, la vie devient très difficile. Et puis les rafles commencent. Pour une raison mystérieuse, le jour où la police française fait une descente, seule la mère est sur la liste. Marion et sa grand-mère sont épargnées. Marion est prise en charge par une association ; et de famille en famille, de maison en maison, elle atterrit en Normandie, où elle vivra le débarquement. Elle se sent coupable d’avoir été heureuse dans cette famille de plusieurs enfants. L’insouciance de l’enfance reprenant le dessus. Pas d’aigreur, pas de rancœur dans ce récit, juste un immense vide créé par l’absence de la mère qui ne reviendra jamais d’Auschwitz. Pourquoi elle ? Pourquoi ai-je été épargnée, se demande Marion.

Couverture du livre

Couverture du livre

Mais l’errance ne se termine pas avec la fin de la guerre. Après elle, embarquement pour New-York. Puis la Californie, Zurich et de nouveau la France.

 

Ce livre devrait être au programme de tous les collèges. De lecture facile, il décrit bien la douleur de ces enfants cachés, dont une grande partie de la famille ne reviendra jamais. Ce qui n’empêche pas une volonté farouche de vivre. Marion Deishmann, aujourd’hui grand-mère a voulu que ses petits enfants connaissent son histoire, ainsi que celle de sa famille. Ce « Je voudrais que son nom apparaisse partout » est bouleversant. A offrir à tous les adolescents.

 

Marie Ningres

Editeur : L’Harmattan

Prix 18 €

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