Courson 2014 sur le thème de la transmission

Les journées des plantes de Courson répertorient via des experts du monde végétal les différents courants d’idées sur la botanique. La transmission est le thème de l’année 2014.

Depuis trente ans, le Domaine de Courson, Essonne, accueille dans son parc deux fois par an un festival botanique sans égal en France : « Les journées des plantes de Courson ». Dates et programmes à venir sont à disposition sur www.domaine-de-courson.fr

En association avec Jardiland, le Domaine de Courson a fondé en 2002 l’Observatoire des Tendances du Jardin afin de rassembler différents courants d’idées, d’expériences et d’approches du monde végétal et de l’art des jardins. Ce cercle de réflexion est composé d’experts reconnus dans leurs domaines. On y trouve des paysagistes comme Louis Benech et Alix de Saint Venant, la directrice du Domaine de Chaumont-sur-Loire madame Colleu-Dumond, le directeur du jardin botanique de Lyon Frédéric Pautz, le botaniste et chercheur au CNRS Patrick Blanc créateur des murs végétaux et une douzaine d’autres talents. Chaque année est mis en évidence un thème de réflexion dont le contenu est scénarisé dans un jardin éphémère présenté à Courson par de jeunes paysagistes prometteurs. Le thème de l’année 2014 était « La Transmission », confié à Margaux Degat, paysagiste concepteur, et à Minh Ta, designer sculpteur.

Minh Ta et Margaux Degat

Minh Ta et Margaux Degat

Transmettre c’est perpétuer une culture, conserver un savoir-faire, vivifier un patrimoine, inspirer la création contemporaine. Le projet prend la forme d’une promenade-jardin dans laquelle le visiteur va tracer son chemin. Du plus primitif au plus travaillé, le jardin qui naît des rochers laisse place aux pavés, aux dalles et au béton, dans lesquels s’immisce le végétal qui prend forme sous la main de l’homme. La promenade de Minh et Margaux s’affirme par une grande structure rouge qui prend racine dans la terre et se contracte, se tord pour s’épanouir entre les troncs des arbres de Courson. Par sa composition, sa couleur et ses formes, on comprend que cette structure représente les circuits conducteurs de la vie : racines, artères, sang, sève. Le végétal résiste ou se fait chasser. Le conflit entre minéral et plantes s’identifie aux relations qui existent entre la nature et le monde de la construction, c’est à dire la ville.

Cette transmission idéalisée s’opère en trois temps.

1. Le jardin primitif qui est le point de départ offre la végétation luxuriante des forêts jurassiques. Les plantes ont été choisies pour leur aspect forestier ou exotique. Carex, fougères, gunneras, phormiums et sagines assurent la profondeur du vert des feuillages.

2. La maîtrise de la nature se poursuit durant la période classique en donnant naissance au jardin à la française. Dans la deuxième partie du chemin, le tracé s’ordonne, les arbustes se taillent et les fleurs d’ornement arrivent pour marquer l’ascendance du jardinier sur le végétal avec des plantes connues à l’époque : ancolies, digitales, euphorbes, iris.

3. Enfin, avec la prise de conscience du recul de la biodiversité et la disparition de certaines espèces, l’homme urbain moderne cultive et préserve avec un respect constant la faune et la flore. A travers le béton, émergent des jardins familiaux ou partagés ainsi qu’une nature maîtrisée mais non contrainte. Les plantes qu’on disait « mauvaises herbes » commencent à être regardées avec respect. Et le « potager de mémé » est de retour. On peut même dire qu’il a « pris du galon » !

Texte et photos de Georges Lévêque

 

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